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Après un succès mérité au théâtre Le Bout, Océane Rose Marie reprend sa lesbienne invisible au théâtre Les Feux de la Rampe. Un premier one woman show qui vaut le coup d’oeil…

Comment est née la lesbienne invisible ?
« Je suis chanteuse au départ. J’ai commencé Oshen il y a 10ans et puis depuis un an ou deux et après deux albums, ça me titillait vraiment de recommencer à jouer. Envie de reprendre une forme scénique sans musique. Et puis il y avait le fait que dans Oshen, je mélangeais une partie humoristique et une partie plus poétique et c’est vraiment là que je voulais faire une séparation. Pour aller plus loin dans le poétique et dans l’humour. Monter un peu d’un cran dans les deux domaines. Il fallait que je monte un one woman show dans ce cas là. Je me suis demandée quel thème je voulais aborder et je me suis dit que le thème des lesbiennes était chouette parce qu’à ma connaissance, il n’avait jamais vraiment été abordé comme ça et j’avais plein de choses amusantes à raconter sur le sujet. »

Comment s’est passée l’écriture de la pièce ?
« Je me suis posée quelques mois. Un texte de one c’est un texte qui bouge tout le temps. J’ai écrit assez vite une première version. Et puis encore maintenant, je retravaille des choses. L’ossature je l’ai écrite d’une traite. Après j’ai commencé à travailler avec Karine Dubernet, qui fait du one aussi, et qui m’a beaucoup guidée dans l’écriture et dans la mise en scène. J’ai pris le relais avec Murielle Magellan, qui est coach au départ, auteur de théâtre, scénariste avec qui je travaille déjà pas mal dans Oshen. »

Comment avez-vous travaillé avec les deux metteurs en scène ?
« J’avais écrit un texte très prof de fac, très didactique. Karine Dubernet m’a aidée à rendre tout très efficace. A faire des coupes, à incarner mes personnage. Avec Murielle qui vient plutôt de l’écriture, on se pose les bonnes questions pour définir chaque personnage. Tout un travail pour les nourrir. Deux méthodes différentes mais qui se complètent bien. »

La lesbienne invisible des Feux de la Rampe a changé depuis le théâtre du Bout ?
« J’ai rajouté un sketch et j’ai peaufiné le texte. Je commence à rajouter des éléments de son, de musique, de décor, grâce à un espace scénique plus important. »

LLI-flyerwebC’était la première fois que vous montiez sur scène, mis à part pour Oshen ?
« Pour le théâtre, seule en scène, oui. Pour la musique j’ai fait beaucoup de solo avec Oshen. J’avais déjà l’habitude d’être en scène. Tu retrouves les sensations de rythme. Il faut que tu prennes plus de temps ou que tu accélères. Tu sens ta salle. Je sais que je ne suis pas vraiment comédienne. Je me dis que j’ai une marge de progression infinie. »

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?
« Le plus dur au départ c’était la notion de rythme dans le spectacle. Quand tu fais de la chanson, tu as un tempo qui est donné par la chanson qui a un format court. Tu trouves facilement une respiration où tu peux faire une blague ou enchaîner et ça donne un rythme. Quand tu ne fais que parler, le rythme met plus de temps à se sentir. »

Est-ce que vous n’avez pas créé vos sketches comme des chansons ?
« Non, justement. Le spectacle est quand même plus proche du stand up que du one avec « noir/sketches » comme tu en vois plein. Il y a une continuité, une narratrice du début à la fin. Je raconte une histoire pendant 1h10. »

Quel a été le retour du public ?
« Que des bons retours ! J’ai senti les gens emballés, homos comme hétéros. Au départ le one a été écrit pour les hétéros. A force de répondre à toutes leurs interrogations, je me suis dit que c’était bien de pouvoir dire au gens « venez à mon spectacle, ça répondra à vos questions ». Et puis après, je me suis rendue compte que je voulais aussi donner un spectacle auquel les lesbiennes puissent s’identifier. Parce que quand tu es lesbienne, tu es frustrée quand tu vas au cinéma de ne voir que des hétéros, au théâtre pareil. C’est souvent anecdotique et ça reste dans une espèce d’imagerie stéréotypée. »

En prenant le titre de la lesbienne invisible, est ce que vous ne risquiez pas de vous couper d’un public ?
« J’ai beaucoup réfléchi avant de prendre la décision mais justement toute la problématique des lesbiennes c’est un manque de visibilité. C’est un mot qu’on ne voit jamais. Qu’on ne lit jamais. Quand les gens le prononcent, en général ils deviennent tout rouges, ils ont l’impression que c’est mal. Dans l’entreprise on m’a appris que c’était discriminatoire d’employer le mot « lesbienne » à l’instar d’homo ou gay, ce qui étonnant parce que ce n’est pas péjoratif. Mais il y a un vrai problème avec ce mot. Alors je me suis dit, si je veux rendre les lesbiennes un peu plus visibles, car leur problème c’est d’être invisibles, autant utiliser le bon mot. Moi, je joue là-dessus parce que je dis que je ne fais pas lesbienne. En fait il y a une vraie problématique, c’est à double lecture. Je me suis dit, le premier truc c’est de mettre le mot « lesbienne » dans le titre. Et même si au début ça va peut-être me fermer un certain public, en même temps ça va vraiment m’ouvrir à la communauté, parce que pour le coup il va y avoir une curiosité des filles. Et puis grâce au bouche à oreille, c’est la qualité du spectacle qui fera qu’il y aura des hétéros. »

Est ce que ça vous a donné envie de jouer dans d’autres pièces ?
« Pour l’instant je ne m’en sentirais pas du tout capable. Je peux jouer ce spectacle parce que je l’ai écrit et qu’il est vraiment personnel. Plus tard peut-être. Tout dépendra des opportunités. J’ai envie de développer cette lesbienne invisible et je trouve ça rigolo qu’elle existe de différentes façons. Dans des programmes courts, par exemple, pour faire vivre le personnage. »

Est-ce que la lesbienne invisible va avoir une suite ?
« Il y a encore plein de choses à dire. Elle peut se décliner à l’infini. Mais pour l’instant, je suis à peine au démarrage ! »

Oshen est mise entre parenthèses ?
« Je continue en parallèle ! On enregistre l’album en ce moment. Et l’idée c’est de faire une sortie CD en 2010. Une tournée en Europe de l’est est prévue pour six dates fin octobre. »

Pour mieux connaître La Lesbienne invisible >> site web

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