Théâtrorama

Questions de genre et identité sexuelle au programme… Du 27 au 31 janvier, le théâtre de l’Opprimé organise son Festival des genres. Cinq jours pour donner la parole aux artistes et intellectuels et mettre à l’honneur des spectacles, rencontres, débats autour des représentations de l’homosexualité. Une porte ouverte à la réflexion et à la découverte. A l’origine du festival, Thomas Cepitelli, organisateur de cette première édition, qui revient sur la genèse du Festival des genres.

Pourquoi organiser un festival des genres ?
« Les membres du Théâtre de L’Opprimé-paris et moi même discutons beaucoup de nombreux sujets de société. On en est venu à parler du traitement de l’homosexualité, des questions de genres, aussi bien dans des conversations quotidiennes que l’on peut entendre que sur les scènes et les écrans. Nous avions créé pour le Centre LGBT Paris Ile de France un théâtre forum qui parlait de ces sujets. Et nous ne voulions pas en rester là. Nous travaillons beaucoup sur les questions de la discrimination via les théâtres forum par exemple. Des discussions avec Rui Frati, le directeur du théâtre, ont aussi débouché au constat que nous devions penser et inviter d’autres artistes à penser avec nous ces sujets. Un autre point aussi a été de pointer du doigt que nous voulions donner de la visibilité et une possibilité de se rencontrer à des artistes qui nous semblent être au plus proche de nos questionnements. »

Quel est son objectif ?
« Celui de faire se rencontrer des artistes, des oeuvres et des publics. La mission d’un festival qui se veut être à la fois une vitrine de ce qui se fait et une tribune d’où l’on peut parler. D’où l’invitation lancée à des intellectuels de venir parler aussi. Celui de donner à voir la pluralité et la qualité de la réponse à ces questions fondamentales que sont le traitement des minorités sexuelles et des injonctions genrées. Une envie de montrer aussi que les réponses sont multiples et que cette multiplicité est une richesse. »

Quelle est la place de l’homosexualité dans la représentation théâtrale aujourd’hui ?
« Elle est peut être moins importante qu’on ne pourrait le croire. En effet, si on pose la question tout le monde pourra vous dire que nombre de spectacles traitent du sujet. Oui, mais ce n’est pas si sûr. Au contraire, et surtout à qui donne-t-on la visibilité. Doit-on laisser à de grosses productions, comme la « Cage aux Folles » par exemple, la seule visibilité de penser et de donner à voir dans ce cas précis l’homosexualité masculine. »

Comment avez-vous réalisé vos choix dans la programmation ?
« Par des rencontres, une concertation avec les membres de l’équipe du Théâtre, par des coups de coeur aussi, des spectacles vus et adorés. Puis par des conseils d’artistes. De la confiance en les artistes en somme. Assez simplement en somme parce que les personnes, les artistes aux quels nous pensions s’inscrivaient vraiment dans une logique. »

Quelles sont les thématiques que vous souhaitiez aborder ?
« Nous avons plutôt pensé à une cohésion de propositions de spectacles. Nous voulions que ce soit un festival pluridisciplinaire. En fonction de cela nous avons opté pour la plus grande diversité des âges et des angles d’attaque. Nous voulions interroger, du mieux possible en cinq soirs, le plus grand nombre de sujets comme, par exemple, les icônes qui ont fondé ce qu’il est convenu d’appeler une « culture gaie » mais aussi les questions du féminin et de l’importance du corps. Mais aussi la question de l’homoérotisme et du détournement des clichés. De comment il est un champ de bataille traversé aussi par des questions du genre. C’est la vitalité des artistes et de leurs oeuvres qui a le plus guidé nos choix. »

Comment s’est passée la rencontre avec les artistes ?
« Le plus simplement qu’il soit. Bien, nous avons rencontré plusieurs fois la plupart des artistes. On a échangé sur nos envies de dire ou de donner à voir. Ça a été passionnant. L’idée de bâtir des ponts entre les propositions, de faire se répondre des propositions qui, a priori, n’étaient pas faites pour se rencontrer leur a plu. Mais ce serait à eux de répondre aussi… »

Quel accueil ont-ils réservé au projet ?
« Ils se sont tous lancés avec enthousiasme dans le projet, je pense. Dans des conditions économiques pas toujours simples. Je tiens d’ailleurs à les remercier tous, ainsi que les participants à la table ronde qui ouvrent le festival pour leur capacité à se lancer dans ce nouveau projet. On sait tous combien une première édition de festival est fragile. »

Quelle est la suite du Festival des genres ?
« Ah…j’espère d’autres éditions avec encore d’autres artistes, d’autres territoires à explorer, d’autres chemins artistiques à prendre. »

Pour connaître le programme: site web

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