Théâtrorama

Période intense pour les théâtres parisiens privés membres de l’association pour le Soutien du théâtre privé, qui vient tout juste de souffler ses cinquante bougies ! L’occasion de recueillir les confidences de David Roux, responsable de la communication de l’association et directeur de la publication du magazine « Rappels ».

De l’association pour le Soutien du théâtre privé fondée en 1964 à la création de la marque « Théâtres Parisiens Associés » en 2010, pourriez-vous revenir sur l’historique et les temps forts de ces organisations, et sur leurs objectifs ?
« Dès la création de l’association, la mission principale a été de trouver un moyen de faire perdurer cette spécificité française et de pérenniser le modèle du théâtre privé, qui est en France un théâtre producteur. Les patrons des lieux sont en effet également ceux qui produisent les spectacles qui sont présentés dans leur théâtre. C’est un modèle historique dans notre pays, qui est encore l’un des rares où il est pratiqué – dans les pays anglo-saxons, par exemple, les salles, les petites comme les immenses de Broadway ou autres, se contentent en général uniquement d’accueillir les productions. En 1964, l’enjeu était de pouvoir faire face aux défis de l’époque, issus de la décentralisation alors en marche, entraînant la concurrence assez nouvelle d’un secteur subventionné qui était par définition très aidé par les pouvoirs publics. Assez rapidement, le rôle de l’association a été de gérer un fonds de soutien, en mettant en place un système de solidarité permettant que les succès des uns puissent financer les échecs des autres. Tout ceci s’est fait selon des critères très précis et objectifs, qui se sont affinés et ajustés au fur et à mesure des années.

TPA illustration 2

L’association est un organisme percepteur d’une taxe fiscale, qui représente 3.5% du prix du billet HT ; cette taxe permet de financer les aides qui sont par la suite redistribuées aux membres de l’association, avec un système de garantie de déficit, dans des limites très strictes, qui permet aussi à des théâtres de prendre des risques de production pour certains spectacles, sachant que ce risque sera mesuré, car si le spectacle répond à ces critères, le déficit éventuel pourra être en partie couvert par la solidarité entre les théâtres membres de l’association. Une cinquantaine de théâtres font partie de l’association. On estime que si elle n’avait pas existé depuis cinquante ans, la plupart de nos théâtres auraient aujourd’hui disparu.

Durant quarante-cinq ans, l’association se contentait d’intervenir pour « colmater les brèches » existantes et distribuer des aides ; elle était là pour amortir la chute lorsqu’un spectacle ne marchait pas bien. Aujourd’hui, c’est différent, le changement a été politique, si l’on peut dire : pour éviter d’avoir trop de déficit à colmater, il fallait essayer de réfléchir en amont. La première manifestation de cette logique toute nouvelle a été le soutien apporté au magazine « Rappels » à partir de 2001, qui était alors édité par une structure indépendante mais largement soutenu par l’association. La seconde a été la création de la marque « Théâtres Parisiens Associés », suivie par celle d’un site Internet, véritable vitrine pour les théâtres membres. Il a vu le jour en mars 2010, totalement refondu et modernisé en mai 2014, avec une ambition plus large en termes de contenu, de visuels et d’efficacité commerciale. »

Quelles sont les particularités du théâtre privé, pour lesquels on évoque une « exception française » ?
« Il y a plusieurs sortes de théâtres privés, mais leur point commun est d’être des théâtres d’économie privée ne recevant pas directement de subventions, ni de la part de l’État, ni de la part des collectivités locales, municipalités ou autres. Ce qui distingue les cinquante-trois théâtres membres de notre association de la grande majorité des autres théâtres privés est qu’ils sont des théâtres producteurs. Mais comme précisé, il existe aussi en France des théâtres privés non producteurs, et d’autres privés producteurs ayant fait le choix de ne pas adhérer à l’association, car être adhérent crée un certain nombre d’obligations : par exemple, le fait qu’au moins 75 % des représentations de chaque saison soient produites par le théâtre lui-même, ou encore le fait que selon la jauge des salles, celles-ci répondent à des critères précis concernant les emplois permanents de salariés techniciens, avec une application très stricte des conventions collectives en terme de rémunérations, de contrats, d’emplois de salariés permanents et intermittents. »

Quelle est la vocation du site Internet des TPA ?Mise en page 1
« C’est un site qui a été conçu par l’association comme un outil mis à la disposition de nos théâtres. Chacun a bien sûr sa propre identité artistique et ses propres logiques commerciales, et la position de l’association se doit de rester très neutre. Nous avons mis à disposition de ces théâtres cette plateforme qui leur donne un accès direct à l’interface d’administration du site, afin qu’ils puissent eux-mêmes actualiser tout ce qui concerne leurs spectacles, lieux, formes tarifaires… Notre positionnement est le suivant : les internautes peuvent aller directement à la source, sans passer par un revendeur qui a des logiques parfois différentes des théâtres eux-mêmes. En quelque sorte, notre site est un peu l’équivalent du commerce équitable : un accès direct du producteur au consommateur, sans passer par la grande distribution !
Cela permet à l’internaute d’avoir un contenu exclusif (images, textes, bandes annonces…), et également des offres exclusives très concurrentielles. Il bascule directement dans le système de billetterie propre du théâtre, et trouvera donc un placement garanti – qu’il peut choisir lui-même le plus souvent – sans mauvaise surprise, les théâtres membres réservant toujours leurs meilleures places aux clients qui viennent directement chez eux ! Le fait qu’il y ait peu d’intermédiaire engendre des frais réduits sur chaque billet vendu, et par ailleurs, nous proposons des offres spécifiques liées aux « premières » (places vendues à 50%) et des dispositifs de « places jeunes » à 10 % pour les moins de 26 ans. »

Pourriez-vous présenter le magazine « Rappels » dont vous êtes directeur de publication ?
« Le magazine est diffusé depuis octobre 2001, à hauteur de huit numéros par an. Les chiffres ont beaucoup évolué, mais le tirage actuel est de 200 000 exemplaires. Il est diffusé dans les cinquante-trois théâtres membres de l’association, ainsi que dans les billetteries FNAC pour certains numéros. Dans nos deux derniers numéros, nous évoquons justement le cinquantenaire de l’association pour le Soutien du théâtre privé, à travers notamment une interview de sa présidente Marie-France Mignal, directrice du théâtre Saint-Georges, autour de l’évolution du rôle de l’association depuis sa création. »

Le site des Théâtres Parisiens Associés

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