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Une utopie poétique… Manèges est un moment de grâce. La pièce de Clément Labail, éditée par les éditions A verse, donne envie de redevenir nomade pour partir à la recherche d’un monde nouveau à inventer ensemble. L’auteur, en parfait accord avec son texte, a décidé de se lancer avec sa partenaire, Christina Gumz, dans une tournée à vélo, de Berlin à Paris, pour dépasser les frontières et ouvrir un horizon de créativité…

Quelle est l’origine de la pièce ?
« Nous revenions de notre premier festival d’Avignon, en 2002, avec le théâtre du Lucernaire, où nous nous sommes rencontrés Christina Gumz et moi-même. L’Elbe débordait. Une catastrophe. Nous étions aux premières loges, dans sa famille, du côté de Magdebourg. Les images de Dresde, entre autres, passaient en boucle à la télévision. Christina a eu cette idée naïve, mais belle et sincère, de deux personnes, amis, couple, connaissances, qui referaient, reconstruiraient le monde. J’ai écrit une première pièce, elle s’appelait « Drôles d’Oiseaux ». Ce n’était pas fameux. Et peu à peu elle s’est tranformée, jusqu’à sa version actuelle. Nous en avions joué une première mouture à Paris lors de la création de notre compagnie en 2005, sous le titre de « Scène de Manège », Au Café de Paris (rue Oberkampf à Paris), dans un cadre de café-théâtre. La publication du texte a été l’occasion de mettre sur roues ce projet, relier Berlin et Paris à vélo avec la pièce. Elle s’intitule désormais « Manèges », sous l’impulsion de l’éditeur, qui trouvait que « Scène de Manège », au-delà du calembour, ne rendait pas justice au texte, qu’il ne rendait pas suffisamment compte de sa profondeur et de toutes les perspectives qu’il pouvait offrir. Nous sommes actuellement dans l’organisation de la tournée à vélo, qui doit partir de Berlin le 29 août 2015 à la UfaFabrik, puis… tout est en cours. Nous avons fait appel à Carole Massana, une comédienne rencontrée à l’occasion d’un spectacle de Philippe Calvario, « Les Larmes amères de Petra von Kant », pour aller plus loin dans le jeu et la mise en scène. La pièce doit se jouer en allemand sur le trajet allemand, et en français en Belgique et en France, ou à la carte. »

Que représente pour vous la symbolique du manège ?
mane-72« Le manège représente la symbolique de l’enfance, la joie, le mouvement, le voyage, le monde, la famille… Un lieu angoissant également, d’enfermement. Un mélange d’enfermement et d’évasion, dans un mouvement allant vers le voyage, la liberté, la vie. La pièce, comme un manège, est composée de plusieurs cercles, qui tourbillonnent les uns après les autres, les uns autour des autres, pour finir par s’envoler, emportant avec eux les personnages et le public. Manèges, ménages, Kreise, cercles, crise… La loufoquerie est aussi récurrente, qui aère cette joute verbale et corporelle, la crible de drôlerie de part en part, car tout ici est appétit de la vie, – appelle, du fait même de cette crise, la vie de tous ses vœux. Chacun essaie de décrocher la lune, le pompon ! Cette mise en cercles, ces excès, l’alternance de moments agités et de moments plus calmes, ce débordement baroque sur le plateau finit par incorporer, entraîner le public, dont la participation finale arrive comme naturellement, personnage essentiel interpelé tout le long de la pièce de manière implicite, tels les clients du Manège. »

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?
« Nous nous sommes donc rencontrés avec Christina au Théâtre du Lucernaire, à Paris, à la rentrée 2000. Nous avions déjà une formation et une expérience derrière nous, Christina dans la région de Magdebourg, et moi autour de Rouen. Nous avons été engagés pour le spectacle contractuel du directeur du théâtre d’alors, Christian Le Guillochet, qui nous a emmenés faire le festival d’Avignon, une vraie chance, avec un spectacle bâti sur les textes du Papotin, journal tenu par des autistes. Cabu avait fait l’affiche, gratuitement… Nous avons terminé par une date au Cabaret Sauvage, à Paris. Puis chacun a continué son chemin, je donnais des cours en Centres d’animation tout en poursuivant mes travaux d’écriture, et des projets semi-pro, et Christina a entrepris des études d’anglais, ainsi que le Conservatoire d’arrondissement 11e et Centre (admissible au 2 e tour CNSAD) en théâtre. Après une maîtrise sur le théâtre de Beckett, nos chemins de théâtre se sont recroisés. Je lui ai proposé « Scène de Manège », que j’avais retravaillé, elle a aimé. On a vite trouvé le Café de Paris, et nous avons foncé, avec cette pièce, puis d’autres, à plusieurs. Suite à quoi Christina a eu envie de revoir l’Allemagne. L’idée de mieux connaître son pays me plaisait. Chacun son tour ! Et nous sommes partis à Berlin, ville de théâtre mythique. Nous nous plaisons beaucoup là-bas, mais jouant dans les deux langues, nous rêvons de rejouer en France, où que ce soit, en Belgique… ou ailleurs. Nous y travaillons. »

Le site de la compagnie Le Théâtre Au fil des nuages

Si vous souhaitez rencontrer Clément Labail et découvrir Manèges, les éditions A Verse vous invite à leur soirée de présentation le jeudi 5 mars 2015 à 19h30 au Centre allemand d’histoire de l’art (DFK)

Plus d’infos : A verse

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