« La Tentation d’exister, c’est un titre emprunté à un bouquin de Cioran, que je n’ai jamais réussi à lire jusqu’à son terme, mais dont j’ai beaucoup lu le titre… »
Mazzuchini vous acceuille comme à l’entrée de sa maison, et c’est vrai, il est chez lui sur le plateau, c’est vrai il se livre à nous comme à de vieux amis. A travers la poésie résolument contemporaine de Tarkos. L’auteur travaille sur la matière même de la langue, moins attaché au contenu ou au message d’un texte qu’à sa puissance prosodique et à l’énergie de sa prolifération. On pense à Beckett, une écriture de déconstruction que Mazzuchini fait sonner et résonner les mots de leur mastication, de leur répétition, peut-être comme les enfants jouent à répéter «vachevachevachevachevache…» à l’infini jusqu’à ce que le mot se soit totalement vidé de son sens et les emmène dans un ailleurs plus incertain… Ainsi l’auteur a-t-il forgé le concept de «pâte-mot» (patmo) : substance fluide que l’on construit, déconstruit à la manière d’une pâte à modeler.
Il élabore la poésie faciale, poésie toute en surface des mots
Et on se sent bien au milieu de cette poésie là, dans cette écriture simple, sans suggestion de profondeur, d’intériorité ou de sens caché, au milieu des plumes, des poules et de la musique tsigane! Mazzuchini nous parle dans les deux langues parce que ce sont les siennes, il ne met pas de barrière, pas de quatrième mur puisque nous sommes chez lui, dans le dedans de chez lui, avec Tarkos, les patmos et leur palette d’images sortis d’on ne sait où. Bref on est conviés à une magnifique rencontre entre un acteur résolument hétéroclite et les mots d’un auteur que l’on aime à entendre.
De Christophe Tarkos
Collaboration artistique : Maryline Le Minoux, Jean-Pierre Chupin
Christian Mazzuchini
Du 7 au 21 juillet à 17h00












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