Les Epis Noirs, c’est… allons-y franchement ; les Epis Noirs c’est tout ce que j’ai toujours eu envie de voir et d’entendre au théâtre! Leurs spectacles sont drôles et inventifs, intelligents, loufoques, gais sans être tarte, parfois noirs et éblouissants à chaque fois. Cette compagnie n’a de cesse de s’améliorer d’année en année. Mais jusqu’où iront-ils!?!

Donc nous partons de chez Racine : Oreste aime Hermione, qui aime Pyhrrus, qui aime Andromaque, qui aime Hector, qui est mort. Voilà. C’est pas très compliqué Racine. Et puis Pierre Lericq vire les alexandrins et y appose sa prose avec talent, avec humour et garde la carcasse de l’œuvre d’origine. Version Music hall. La mort comme maître de cérémonie, le chant en guise de coryphée, et en avant!

La mayonnaise monte
Pierre Lericq signe un texte et une mise en scène d’une très grande qualité. En gardant et respectant le fond, mais surtout pas la forme, il nous offre une Andromaque rock qui trouve toute sa place en 2011. Il tire de la tragédie du vieux et génial Racine ce qu’elle révèle d’actuel ; amours impossibles et contrariées, soif de pouvoirs, et des personnages en proie à leurs contradictions viscérales. Les quatre acteurs traversent les genres avec une aisance déconcertante. Tour à tour tragédiens, chanteurs, acteurs burlesques ou musiciens… Fabrice Lebert interprète un magnifique Oreste, sorte de brute sanguinaire qui n’arrive pas à sortir de son état guerrier, y compris quand il aime. Anaïs Ancel est une impitoyable et pétillante Hermione cruelle et bafouée. Pierre Lericq propose un merveilleux Pyrrhus amoureux, égoïste autant qu’ opportuniste et Muriel Gaudin offre à son Andromaque sa grâce mêlée d’une force qui créent un cocktail très émouvant.Le spectacle est homogène et fort. On en sort avec l’envie d’y retourner, une petite musique dans la tête, ‘houm-pa-pa-houm-pa-pa-pa…’ J’en ai trop écrit!?! Tsss, tsss vous n’êtes pas au bout de vos surprises…

Andromaque fantaisie barock’
Texte, musiques et mise en scène  : Pierre Lericq
Avec : Anaïs Ancel, Muriel Gaudin, Fabrice Lebert et Pierre Lericq