Ils avaient fait parler d’eux au concours du théâtre 13 en obtenant le prix du public, ils renouvellent l’expérience en présentant la pièce au théâtre de l’Opprimé. Les comédiens d’ « Italienne scène » confirment un talent époustouflant et une aisance remarquable.

L’histoire de Jean-François Sivadier nous invite à pénétrer les arcanes des répétitions de la Traviata par le jeune metteur en scène Antoine Markowsky. Entre l’angoisse de ce dernier, le temps qui passe toujours trop vite, le travail qui n’avance pas et les revendications des acteurs et du chef d’orchestre, « Italienne scène » nous propose un regard acide sur l’envers du décor avec beaucoup de tendresse et d’humour.

On ne peut que saluer l’énergie des comédiens qui portent le texte comme s’il avait été écrit pour eux. La scénographie épurée contribue à leur laisser la part belle. Ils maîtrisent chacun leurs partitions avec talent donnant à l’ensemble un équilibre dans la qualité. On ne s’ennuie pas. Il nous manque même des yeux pour observer partout à la fois car il y a à prendre. La mise en scène est généreuse sans être lourde. Si les personnages frôlent parfois la caricature, les comédiens savent les rendre humains à d’autres moments, touchants même. Ils nous font rire malgré eux, et d’un rire sincère. Il n’est pas question de gags mais simplement d’offrir au spectateur un regard différent sur une réalité méconnue des spectateurs, celle des artistes aux dernières heures des répétitions. La pièce met en évidence les ressorts de la création théâtrale en la mettant en abîme. Il s’agit assurément d’un sujet sensible qui pourrait animer bien des débats. Mais là n’est pas le parti de Victorien Robert, le metteur en scène. Il s’agit résolument d’une comédie.

Pour une première mise en scène, Victorien Robert réalise un coup de maître qui lui aura déjà permis de remporter le prix du Public du théâtre 13. Souhaitons lui de poursuivre dans cette voie.

Italienne scène
texte de Jean-François Sivadier
mise en scène de Victorien Robert
scénographie et création lumières de Céline Hervé et Agneshka Mercier-Koszorowska
costumes de Coralie Robert
musique de Giuseppe Verdi
avec Mathieu Alexandre, Benjamin Brenière, Katia Ghanty, Élise Noiraud, Thomas Nucci et Maud Ribleur