C’est un formidable moment d’intimité et de proximité qu’offre ce jeune chanteur qui vient de publier son deuxième et éblouissant album. Accompagné de son seul piano, il parvient à créer son univers où surgissent les ombres de quelques prestigieux prédécesseurs. Mais sans s’appesantir sur ces paternités artistiques, juste ce qu’il faut pour mieux appréhender les sources d’inspiration de ce poète. Un enchantement à déguster à Avignon en ce moment.

Il aurait pu être simplement poète, ses textes se suffisant largement à eux-mêmes. Recherche de la rime qui surprendra, utilisation de toute la gamme de vers, du décasyllabe à l’alexandrin. Un sens de la formule qu’accompagne une profonde humanité. Le « je » prend vite valeur universelle. Les élégiaques états d’âme, déversoirs pseudo-cathartiques de chanteurs en mal de reconnaissance ne sont pas de mise ici. L’univers de Pascal Mary n’est qu’ouverture à l’Autre, plus encore sur son nouvel album « Vivons d’un rien » que sur le tout premier.

« Vivons d’un rien » : tout un programme en forme de Carpe diem. Le « rien » en question : la couleur d’une rose, le parfum d’un fruit, le bruit d’un rire enfantin, la chaleur d’un enlacement, l’éclat d’une étoile, la lourdeur d’un nuage ou la légèreté d’une brise. Ou les aventures d’une dinde le jour de Noël… Avec nostalgie, humour ravageur ou mélancolie, Pascal sème tout au long de ses vers ces petits riens qui pimentent l’existence. Avec l’amour comme raison de vivre.

Un artiste complet
Sur scène, il s’accompagne d’un seul piano. Ça rappelle forcément quelqu’un ? Bien sûr, l’ombre de la « grande dame brune » plane, sans se faire tutélaire pour autant. La richesse des mélodies, la voix parfaitement maîtrisée épousent magnifiquement ces textes aux exquises senteurs. Doté d’un charisme certain, d’une évidente bonhomie, il affiche clairement sa différence, ses différences. L’occasion est trop belle pour ne pas lancer quelques piques bien senties à l’encontre de certaines chanteuses « pipolisées » jusqu’à la démesure. A sa cause acquise, le public se délecte de ces facéties et ne se trompe pas : l’artiste est complet, immensément présent, sans fard, sans fioriture. Un moment exquis de complicité, de partage et d’intimité à ne pas manquer.

Pascal Mary en concert
Jusqu’au 28 juillet à 12h20 au Théâtre de l’Ange, 15-17 rue des Teinturiers, 84 000 Avignon
Durée : 1h10 environ