En lisant cette chronique, plongeons-nous un instant dans ce que le monde inflige hélas,
trop souvent aux innocents. Les guerres des hommes ! Violence universelle.

Nous sommes en 1992… Au siège de Sarajevo, le plus long siège de l’histoire de la guerre moderne. 4 ans de massacres qui opposent les forces de la Bosnie Bosnie-Herzégovine (qui avaient déclaré leur indépendance de la Yougoslavie), et les paramilitaires Serbes (qui voulaient rester attachés à la Yougoslavie). Laissons-nous maintenant prendre par la main, par la Cie APRES NOUS LE DELUGE, et partons dans leur voyage infernal et dramatiquement théâtral.

Les KIDS devenus trop vite Adultes
Sujet fort, tragique même, et tellement d’actualité la pièce de Fabrice MELQUIOT : KIDS …
La guerre de Bosnie dans la ville de Sarajevo, en fil conducteur, le premier jour de paix.
Tout est détruit, déchirant, brulant. Au milieu de ce cahot, 8 gamins orphelins, 8 adolescents livrés à eux-mêmes. Une seule raison pour eux : survivre. Et en ce jour dit de paix, ils voient tous une porte entrouverte sur un monde meilleur. Tous ces gosses abandonnés dans un monde trop grand pour eux, rêvent d’une vie nouvelle, « comme avant », avant la guerre…

Certains se défendront avec leur rêve, d’autres avec leur corps et leurs coups. L’amour adolescent les protège de la mort, l’amour fraternel les rend haineux. Même à plusieurs ils semblent accrochés à une solitude désarmante. « Je parle seul, parce que je suis seul » diront en boucle certains d’entre-eux. Alors oui… Nous partons avec eux, nous les accompagnons dans leur rage, leur colère et leurs larmes. Nous les comprenons ces KIDS qui veulent vivre à nouveau et tout oublier. On n’échappe pas à la mort sans cicatrice à l’âme.

Une violence scénique dérangeante
Cette pièce, ne laissera personne indifférent tant son texte vif et poétique vous met en émoi, comme presque mal à l’aise. En revanche on reste un peu en retrait sur la direction d’acteurs de Benoit Antonin Denis.

Jeune homme au talent certes prometteur, il lui manque sur ce spectacle, un souffle de rondeur, voir de bienveillance sur l’ensemble de son travail. Un regard plus humaniste, plus doux, l’aurait mieux servi. Tout, tout est violence et colère. Omniprésence des cris, des corps qui volent dans tous les recoins de l’espace scène.

Même si cela reste son parti pris, c’est trop sans doute pour un spectateur, qui même habitué au texte fort, attend aussi d’une mise en scène, qu’elle laisse de la place à son imagination, et ne cherche pas à imposer les choses. L’auteur marque le ton assurément dans ses mots, mais faut-il pour autant tout reproduire de la sorte ?

Les comédiens en demi-mesure pour certains, ne sont pas toujours les enfants que l’on attend. Trop physiques ou verbalement trop agressifs, leur jeu les amène parfois à étouffer le texte et dégage une froideur déconcertante. Cette jeune troupe dirigée par Marion Chobert mérite pourtant que l’on s’arrête sur son travail. Benoit Antonin Denis intègre à son action de metteur en scène, la vidéo, la musique, le chant, qui amène une originalité complémentaire à la pièce. (Saluons ici la belle présence vocale et théâtrale de Jonathan Pinto-Rocha). Des premières représentations qui méritent de l’attention, mais qui doivent continuer à évoluer pour toucher tant un jeune public qu’un large public.

KIDS
De Fabrice MELQUIOT
La Cie APRES NOUS LE DELUGE
Mise en scène : Benoit Antonin Denis
Du Lundi 2 MAI au Vendredi 6 MAI 2011

Théâtre LES ENFANTS TERRIBLES
157 rue Pelleport – 75020 PARIS
Réservations: 01 46 36 19 66
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