Créée en 1935, « Un de la canebière » est une opérette d’Alibert René Sarvil et Raymond Vincy sur une musique de Vincent Scotto, actuellement à Paris dans le charmant théâtre 14. Les comédiens sauront-ils nous embarquer dans cette histoire qui est avant tout prétexte au chant et à la comédie?
Toinet, Girelle et Pénible sont trois pêcheurs du Vallon des Auffes. Un soir, pour séduire deux stars Hollywoodienne, lesquelles ne sont en fait que de simples marchandes de légumes déguisées, Toinet et Girelle décident de se faire passer pour les directeurs d’une gigantesque usine de sardines. Découvrant le subterfuge, ces demoiselles choisissent de les faire tourner en bourriques en leur amenant un client potentiel. S’enchainent ensuite nombre de quiproquos et chansons pour notre plus grand plaisir.
Comme une grande fête
Dès l’accueil nous sommes plongés dans le bain. Les acteurs/personnages sont avec nous dans la salle, nous saluent et déjà nous voilà dans le café du port. Les costumes nombreux qui vont s’enchainer nous mettent dans une ambiance ensoleillée bien qu’on puisse regretter que ceux des femmes ne soient pas suffisamment valorisants. Mais plus un moment à perdre car Pénible se fait déjà houspiller, il faut se mettre au travail, il n’est plus temps de dire bonjour aux spectateurs. Toute la pièce se fera ainsi en complicité avec le public. Les comédiens oscillent très bien entre une crédibilité complète et un second degré bien senti.
Le tout est rythmé par des airs excellemment bien interprétés par les talentueux comédiens/musiciens. Le décor est constitué d’un amoncellement de caisses en bois, d’ une petite estrade en fond de scène, quelques chaises et un banc. Plusieurs micros au centre scène viennent accentuer la volonté de faire passer le lieu pour un cabaret, effet qui ne semble pas vraiment fonctionner et alourdi le jeu « comédien/personnage » si amusant. Passé ce détail, la mise en scène est pointue, une très belle utilisation de l’espace qui permet aux acteurs de courir et sauter en tous sens. Le jeu en commedia/clown se prête parfaitement à l’opérette et les comédiens sont tous énergiques et entrainants. L’aspect chant est tout à fait à la hauteur avec des voix très différentes les unes des autres et qui se complètent idéalement. Une belle osmose donc malgré un léger problème de compréhension lors de certains passages chantés dans une sublime voix lyrique. Incident somme toute mineur puisqu’il s’agit surtout ici de s’amuser de la naïveté des personnages et de leur façon de réagir.
Le son et la lumière sont gérés avec précision et l’on ne sent presque pas la technique qui permet pourtant aux comédiens d’être toujours soutenus sur ces plans. Les quiproquos, les travestissements, la franche bêtise, les histoires de cœur et de corps, tout les ingrédients sont réunis pour un beau spectacle de commedia. Et tous de reprendre en chœur avec le public la chanson phare du spectacle « On connait dans tout l’hémisphère notre cane cane cane canebière »
Un de la canebière
De Henri Allibert, René Sarvil, Vincent Scotto
Mise en scène de Frédéric Muhl Valentin
Avec Marc Pistolesi, Stéphane “Bouba” Lopez, Cristos Mitropoulos, Mathieu Becquerelle, Ali Bougherraba, Laure Dessertine, Benjamin Falletto, Patrick Gavard-Bondet, Barthélémy Giulj, Edwige Pellissier, Lucile Pessey, Sonia Pintor-y-Font, Catherine Swartenbroekx
Du 18 janvier au 5 mars 2011
vendredi à 20H30 | mercredi, jeudi à 19H00 | samedi à 16H00
Théâtre 14
20 Avenue Marc Sangnier, 75014 Paris
Site web
Réservations: 01 45 45 49 77













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