Nous entrons dans une toute petite salle de théâtre intimiste et très chaleureuse. C’est tout à l’honneur de ce spectacle qui est finalement la confession d’une petite fille. La proximité de la comédienne est, par conséquent, nécessaire.

« Auto-psy de petits crimes innocents » ou l’histoire d’une petite fille qui, suite à une enfance un peu chaotique, décide de tuer toutes les personnes (et animaux) se trouvant sur son passage. Elle nous raconte sa vie. Ses petits meurtres finalement sans conséquences. Enfin, c’est ce qu’elle pense. Et puis c’est la faute à papa. Ce papa qu’il l’enfermait dans le placard. « Mais j’avais ma chambre à moi. » Sa chambre ? Un placard. Et puis elle part vivre chez sa grand-mère. « Mais j’avais ma chambre à moi » Sa chambre ? Une cave. D’ailleurs, ironie du sort, c’est là que sa grand mère finira. Dans la cave. Au fil de la pièce, la petite fille grandit, multipliant les meurtres plus farfelus les uns que les autres. C’est drôle et cruel à la fois.

Jolie performance de comédienne
Vêtue d’une robe sobre de couleur noire, la comédienne, Emilie Pierson, nous esquisse une petite fille tout en finesse sans jamais tomber dans la caricature. Elle l’incarne avec beaucoup de conviction. Elle a, par ailleurs, très bien su restituer le côté espiègle de l’enfant en y ajoutant une bonne dose de cruauté. Son visage est très expressif comme peut l’être celui d’un enfant. Il n’y a qu’à observer ses regards tour à tour étonnés ou inquisiteurs. Tout est posé, précis et juste. On entend le texte, très bien écrit par ailleurs. La comédienne est étonnante. On la sent très investie dans ce rôle. Elle prend le texte à bras le corps, avec une très belle énergie. Et nous, elle nous embarque dans son histoire pendant près d’une heure. Constamment dans l’invention, elle nous dépeint une petite fille plus vraie que nature.

Parlons-en du texte. Écrit par Gérald Gruhn, le texte est à la fois cynique et caustique, c’est un véritable plaisir de l’entendre. On aimerait presque y retourner une seconde fois, car il y de très belles vérités qui y sont dîtes et qui font réfléchir. « Parfois il est préférable de rester dans le noir pour ne pas se voir en face ». La mise en scène est sobre mais efficace. De plus, le jeu des lumières permet de passer au chapitre suivant de sa vie. Cette pièce est le reflet de la société de plus en plus individualiste où les laissés-pour-compte sont mis de côté et finalement livrés à eux-mêmes. Alors ils font ce qu’ils peuvent pour sortir la tête de l’eau.

Auto-psy de petits crimes innocents
De Gérald Gruhn
Mise en scène d’Alison Bignon
Avec Emilie Pierson
Du 8 au 29 mars
Les mardis à 20h30

La Comédie Tour Eiffel
14 rue Desaix, 75015 Paris
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