Qui ne connait pas le célèbre Joe Dassin au timbre de voix si particulier ? Celui qui enflamma les années 60-70 avec des succès comme «Les Champs-Elysées », « L’été indien » ou « Siffler sur la colline » et j’en passe ! Des tubes qui ont traversé les frontières et que même les japonais fredonnent encore aujourd’hui ! La troupe des Dassin d’Odessa a fait le pari de revisiter ses chansons et de les faire redécouvrir à tous, jeunes et moins jeunes. Pour cela, ils se reposent sur un chanteur-comédien charismatique, Jean-Louis Cassarino, qui a eu l’occasion de travailler avec le producteur de Joe Dassin et sur une orchestration « klezmer » avec des musiciens venus d’Odessa, et qui seraient, nous dit-on, de lointains cousins de Joe dont le grand-père quitta Odessa pour les États-Unis…. Alors nous entrons dans la petite salle de l’Essaïon, où, serrés comme des sardines, nous nous demandons comment nous allons être surpris sur des morceaux qu’on connait presque par cœur…
On ira où ils voudront !
Et bien Les Dassin d’Odessa sont tout simplement formidables ! Dès les premiers instants du spectacle, ils nous ouvrent grand la porte de leur monde et nous tendent chaleureusement la main pour y entrer. Et comment ne pas y entrer lorsqu’on voit débarquer cette bande d’hurluberlus du fond de la salle comme une fanfare « kusturicienne » et se planter en face de vous avec un air et des costumes de mafiosos russes ! Voilà de vrais personnages et une idée forte ; ce qui est déjà énorme pour un concert. Les Dassin ne se contentent pas de faire de la musique, ils jouent comme au théâtre, chacun dans un rôle précis. Le chef des caïds, le boss, c’est évidemment le chanteur, Jean-Louis Cassarino, qui n’hésite pas à solliciter le public en jouant du regard, un clin d’œil par ci et par là ; un extraordinaire chef d’orchestre de l’ensemble. Mais c’est aussi un excellent interprète, s’appropriant les paroles de Joe sans les trahir pour nous les susurrer à l’oreille ou nous les balancer plus violemment comme un bandit dégainant son arme. Quant aux musiciens, ils sont absolument géniaux. Ils nous transportent d’emblée dans leur univers « klezmero-yiddish » qui rappelle bien sûr Kusturica mais qui donne surtout une épaisseur nouvelle et originale aux chansons de Joe Dassin. Chaque morceau devient un bijou à lui tout seul grâce à cette orchestration « punk manouche ». Le punk virant même parfois vers le «heavy métal » comme dans l’introduction à la gentille ballade « Les Champs Elysées » qui devient complètement hallucinante et hallucinatoire ! Avec un rythme effréné et une pêche monumentale, ils ne nous donnent qu’une seule envie : se lever et danser ! Et puis ces musiciens-là sont drôles. Affublés de costumes, lunettes et chapeaux extravagants, ils nous font penser aux Blues Brothers ou au Muppet Show. Ils interpellent le public, tentent de prendre la place du boss et se font engueuler ! C’est décalé, « Tex Averyien » et absolument délicieux.
Quel plaisir de passer une heure avec ce chanteur et ces bandits -là, usurpateurs assumés. Car évidemment si leur musique vient de l’Est, eux pas du tout ! Ils ne sont pas les cousins de Joe et ne viennent pas d’Odessa mais peu importe puisque nous sommes heureux d’être les complices de leur « méfait » et qu’ils rendent merveilleusement hommage à Joe Dassin.
Il ne reste plus qu’à chanter : « Tagada, tagada, voilà les Dalton…euh…voilà les Dassin » !
Les Dassin d’Odessa
Avec Jean-Louis Cassarino (chanteur-comédien), Jeff Preto (basse, guitare) Florent Méry (clarinette, clarinette basse), Loïc Audureau (accordéon), David Jarry-Lacombe (batterie, kalimba, percussions) Directeur artistique : Xavier Lacouture
Jusqu’au 26 février 2011
Tous les vendredi et samedi à 19h30
Théâtre L’Essaïon
6, rue Pierre au lard (à l’angle du 24 rue du Renard) Paris 4ème
Réservations : 01 42 78 46 42
Site web














merci pour ce bel article sur ce spectacle dont j’ai eu l’idée originale et que j’ai eu le plaisir de mettre en scène.Permettez-moi une petite réflexion.
Je regrette un peu de n’être cité qu’a la rubrique directeur artistique. Je pense que dans un spectacle de théâtre on accorde volontiers une place au travail du metteur en scène , cordialement et