Feu la mère de madame le retour… Après avoir enflammée l’été en participant au festival « My classique is rich » au théâtre de l’Aktéon, la pièce joue les prolongements jusqu’en avril.

Courte pièce de Feydeau, Feu la mère de madame dépeint avec humour et ingéniosité le quotidien d’un couple plutôt ordinaire. L’homme rentre tard, la femme le couvre de reproches quand soudain on sonne à la porte. La dispute est interrompue par cette sombre nouvelle : la mère de madame est morte.

Classique standard
On assène immédiatement au public un petit coup d’angoisse puisqu’il est plongé dans le noir pendant cinq bonnes minutes. En dehors de ce plaisir que s’est accordé le metteur en scène, tout cela est bien rangé, bien ordonné et laisse un léger goût de déjà-vu. Si l’on peut trouver le jeu un peu bruyant le texte reste clair et audible. Les costumes sont modernes, ce qui surprend par rapport à un choix d’énonciation qui, dans un premier temps, semble relativement antinaturel. En effet, les comédiens ne font aucune élision, ce qui donne un phrasé particulier plutôt agréable mais qui tranche avec les costumes.

A part cela tout se déroule selon la trame, pas de surprise. La comédienne Aurore Monicard est très touchante dans sa réaction lorsqu’elle apprend la mort de sa mère. Il en va de même pour toutes les émotions des personnages qui sont bien gérées par des comédiens talentueux et dont l’expérience est apparente. Ils crient, se roulent par terre, se touchent, frôlent l’hystérie pour redescendre et enchainer sur un ton purement conversationnel. Beaucoup d’entrées se font par le fond de la salle et certaines adresses sont directes. Ainsi le public est intégré sans pour autant se sentir prit en otage. Légèrement bousculé mais plutôt en confiance, il rit et c’est exactement ce qu’il venait chercher. La volonté du metteur en scène est très visiblement un respect absolu des indications de l’auteur, il ne cherche pas à se démarquer. Rien d’extraordinaire, donc, mais si l’on était venu pour une pièce de Feydeau, après tout c’est bien ce que l’on a vu.

Feu la mère de madame
De Georges Feydeau
Mise en scène de Françoua Garrigues
avec Aurore Monicard, Paul Bouffartigue, Adélaïde Bon et Adrien Cauchetier
Du 02 février au 7 avril 2011
Les mercredis et jeudis à 19h30

Aktéon
11 rue du général Blaise 75011 Paris
Site web
Réservations: 01 43 38 74 62