Dans ma chambre à Paris s’annonce comme un seul en scène à la frontière des genres, entre théâtre, danse, poésie et cinéma, éveillant ainsi bien des envies. Reste à savoir si les attentes seront comblées et les spectateurs épanouis.
Une femme seule dans sa chambre se prend à penser à la relation chaotique qu’elle entretien avec l’homme qu’elle aime. Cette histoire d’amour la maintien dans une solitude et une attente permanentes. La danse intervient alors comme étant son seul moyen d’expression, abandonnée ses fantasmes elle cherche désespérément l’apaisement.
De l’enfermement à la libération
Le décors est un tableau dressé avec talent, les couleurs et les objets en sont très bien répartis. Sur le mur de gauche des ailes bleus, au sol plusieurs paires de chaussures, un drap de soie figurant le lit, un fauteuil, etc. Une image qui nous renvoie déjà à la solitude que le titre inspirait. Entrée assez austère de la comédienne, on comprend que le sujet sera exploré avec un certain sérieux. On est très vite gêné dans la compréhension du texte par le léger accent de la comédienne, une frustration d’autant plus grande que celui-ci semble bien écrit. L’interprète est dans une émotion juste et touchante, bien qu’un tantinet larmoyante.
Les sujets abordés sont forts, puisqu’on touche à la question du rapport à soi et à son prochain. Une scène particulièrement intéressante sur le moment charnière de la rupture, la compréhension que l’autre n’est jamais exactement tel qu’on le perçoit ou l’idéalise. Les danses sont également assez belles, bien qu’elles ne sortent jamais de leurs cadres et n’aillent pas au fond des thèmes. La sensualité est bien assumée mais cela manque un peu de clarté dans l’évocation du doute, de la souffrance.
Globalement on reste sur sa faim car si l’auteur interprète est toujours investie et a visiblement quelque chose à nous exprimer cela reste minimaliste. D’abord parce que l’histoire est abordée extrêmement intimement et, de ce fait, pas suffisamment ouverte à une identification ou à une compréhension plus générale du couple et de la souffrance. Ensuite parce que les envolées lyriques et corporelles sont limitées. Il manque à ce spectacle une plus grande tempête intérieure dont la comédienne est capable. On n’en perçoit pas moins toutes les qualités artistiques de l’auteure-comédienne-metteur-en-scène, les idées sont bonnes, certains mouvements semblent même couler de source. Le tout est assez expérimental et malheureusement trop frêle pour que l’on puisse en profiter dans son entier.
Dans ma chambre à Paris
Texte et mise en scène de Sendres avec la collaboration de Rita Gaspar
Mise en place chorégraphique : Dominique Tinjust Sendres
Musique Rita Gaspar, pianiste: Fernando Diez
Du 11 septembre au 19 décembre 2010
Les samedis à 21h30 et les dimanche à 19h
Laurette Théâtre
36 rue Bichat
, 75010 PARIS
site web
Réservations : 01 42 08 83 33













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