“Chers clients du café de la cité internationale, ceci est un effet sonore… Si vous n’entendez rien, c’est que ça marche”

Depuis 1982, le collectif présente ses spectacles sur la scène nationale et internationale. Un de ses derniers nés, Les déplacements du problème, a été créé dans le cadre du festival Agora 2009, en collaboration avec L’IRCAM.

Une association inattendue et audacieuse : qu’attendre de la confrontation de la “méconnaissance quasi-totale du théâtre, de la danse et de la musique” revendiquée par Bettina Atala, François Hiffler, et Pascale Murtin, avec les outils acoustiques d’un des plus grands centres de recherche publique consacré à la création musicale ?

Sur le plateau, les trois comédiens-concepteurs arborent un look dépareillé qui fait écho aux objets orphelins et incongrus qui composent leur univers scénographique, de l’escabeau au tableau d’art contemporain, en passant par un ballon et des gilets de sauvetage.

Passées les premières “scènes d’exposition”, plusieurs instruments acoustiques improbables sont présentés aux spectateurs. Au lieu d’agir comme émetteurs de signes, créateurs de langage, ces derniers suppriment, contredisent ou modifient, les efforts communicationnels de nos démonstrateurs-expérimentateurs. Ainsi le tapis absorbant annihile les sons de tout objet ou individu qui s’y trouve ; l’appareil contradicteur dément tout ce qui lui est confié ; le micro “euh” pollue de sa disgracieuse interjection les discours de son usager, la machine à hésitation fait douter de chaque affirmation…Marteaux-piqueur, chariots bruyants, aspirateurs, musique à haut volume piétinent joyeusement les dernières miettes de compréhension. Autant d’outils qui donnent à nos impasses communicationnelles un accent à la fois dérisoire et désespéré. ” C’est ici / Mais encore?/ Lundi / Donc si j’ai bien compris c’est lundi / Ici / Mais c’est à vérifier / Ou pas.” Il y a de la friture sur la ligne.

Peut-on communiquer sans s’entendre ? Sans se comprendre ? Sans être intéressé ? Pour construire leur démonstration, le collectif reprend les recettes de ses précédentes performances : un souci d’exhaustivité dans le détail qui engendre séries, énumérations et répétitions, jusqu’à l’absurde ; des centres d’intérêts dérisoires ; une absence de virtuosité revendiquée ; un humour fait de décalage et de non-sens…. Je n’ai rien entendu, je n’ai rien compris, ça m’intéresse beaucoup / j’ai tout entendu, rien compris et ça ne m’intéresse pas du tout”.

On rit un peu. On savoure quelques trouvailles. Mais on craint vite que ce Déplacement du problème, succession d’énumérations, de reprises, d’allers-retours, ne soit qu’une démonstration de plus. Une répétition. On pourra regretter que la rencontre avec l’IRCAM n’ait pas généré de propositions réellement novatrices. Près de trente ans après les premières performances du collectif, la démonstration est-elle toujours convaincante ?

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Les déplacements du problème (site web)
Un spectacle de GRAND MAGASIN
préparé par Pascale MURTIN, Bettina ATALA, François HIFFLER, avec l’aide de Manuel Coursin
Une commande de l’IRCAM et des “Spectacles vivants” du centre G. Pompidou
Coproduction : Centre André Malraux, Scène Nationale de Vandoeuvre les Nancy
Au théâtre de la Cité Internationale
Du 14/10/2010 au 30/10/2010
• à 20h30 lundi, mardi, vendredi, samedi (sauf samedi 23 à 19h)
• à 19h30 jeudi (sauf jeudi 14 à 20h30)
• relâches mercredi, dimanche
durée 1h10

Soirée théâtre et musique
samedi 23 octobre à 21h concert de Kevin Blechdom
Première partie : 21 chansons trop courtes de Pascale Murtin

Réservations: 01 43 13 50 60
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