Lorsque l’on dit « Pierre Richard » il est presque instantanément répondu « Le grand blond avec une chaussure noire ». A la pépinière c’est avant tout un comédien qui vient raconter son parcours, ses rencontres et ses envies. Un seul en scène humoristique ou, parait-il, tout est tiré de la réalité.

Seul en scène, Pierre Richard nous lit un échantillon de son courrier spécialement sélectionné pour nous. Il rebondit ainsi sur chaque lettre, répondant oralement aux expéditeurs. Untel lui aura demandé comment devenir vedette, un autre s’il est possible de donner des cours de « lui », etc. Un texte écrit par Pierre Richard et Christophe Duthuron.

crédit photo Anne Gayan

Lettre prioritaire
Il faut bien l’avouer, Pierre Richard nous avons tous vu ses rediffusions, il est plus que célèbre, il est populaire. Sur un fond d’humour et de poésie il va pourtant se dénuder et parviendra même à nous étonner. D’aveux en boutades, le comédien raconte comment, à force de travail, il a réussi à accepter ce qu’il est et à l’utiliser pour faire rire. Un chemin bien moins évident qu’il n’y parait. Le monde ne courrait pas au vedettariat à ce qu’il appelle lui-même son « époque », ainsi son but ultime n’était pas d’être connu mais simplement d’exercer son métier. L’artiste prend soin de nous rappeler que les pitreries qu’il effectue si brillamment sont millimétrées et précises. S’il est entamé sur le ton conversationnel, Le spectacle reste très divertissant et l’interprète peu à peu commence à mettre son corps en mouvement pour nous faire rire et nous émouvoir.

Pour ceux qui ne le savaient pas, Pierre Richard effectue une belle démonstration que le métier d’acteur est exténuant. Non par une longue et pesante morale mais par des numéros clownesque hilarants. Autour de lui sont éparpillés sur la scène des tas de journaux et de lettres comme une image du temps qui passe et a passé. Ce décor simple et imposant accueille parfaitement le propos. Il est cependant dommage que la présence d’un musicien, en l’occurrence un excellent contrebassiste, ne soit pas assez exploitée. Celui-ci ne fait qu’appuyer les moment tristes par un seul et unique morceau qui revient plusieurs fois dans la pièce. Bien que ces interventions soient toujours assumées avec une touche de second degré il manque quelque chose au duo. On peut reprocher également quelques redondances dans le texte mais le temps file tout de même à toute vitesse et la pièce finit sur une très belle touche de poésie. Les lumières sont composées en ambiances lumineuses qui accompagnent l’artiste dans les moments comiques et les moments plus intimistes. On passe d’une émotion à l’autre dans une belle osmose entre lumière, énergie, thèmes et sensations. Le spectacle est à l’image de son titre: plein de jeux de mots et de surprises. Le public en sort empli de souvenirs divers et un sourire légèrement nostalgique aux lèvres.

Franchise Postale
Texte de Christophe Duthuron et Pierre Richard
Mise en scène de Christophe Duthuron
Avec Pierre Richard et, en alternance, à la contrebasse Christophe Defays et Olivier Defays au saxophone
Du 28 septembre au 27 novembre
Du mercredi au samedi à 19h

Théâtre de la Pépinière
7, rue Louis-le-Grand • 75002 Paris
site web
Réservations: 01 42 61 44 16