La nuit tombée, dans un théâtre sombre du XIXeme arrondissement s’ouvre à vous la possibilité d’entrer dans les coulisses d’une maison close. L’affiche vous annonce « vous pensiez avoir tout vu? », cette phrase aguicheuse n’a rien d’étonnant lorsqu’on considère le thème. Question: Le spectateur en aura-t-il pour ses deniers?
Henry décide de devenir un membre de l’équipe d’une maison close. Grosses lunette et bretelles chatoyantes, autant dire qu’il y a du boulot avant qu’il ne soit crédible. Pas de problème ces demoiselles le relookent et le transforment en Hermann. Nous pénétrons avec lui l’univers intime de la maison. Qui sont ces jeunes gens? Pourquoi sont-ils là? Quelle quête de bonheur pour eux? Le tout en chanson.
Attention: Chair fraiche! Ne pas toucher
Nous sommes accueillis par un charmant jeune homme masqué. Pour ceux qui ont vu le film Eyes Wide Shut, ne vous inquiétez pas, la pièce reste très correcte. Il s’agit d’une comédie musicale, les morceaux ne sont pas des créations et les choix sont parfois un peu attendus. Débuter sur « je me présente, je m’appelle Henry » est à la fois amusant et inquiétant. Fort heureusement le registre change et évolue en fonction des rôles et de l’avancée de la pièce. Les textes sont parfois un peu bancals, ce qui est dommage car on sent une certaine qualité de plume. Les chorégraphies sont excellentes, on sent que l’auteur-metteur en scène est un fanatique de Bob Fosse et personne ne s’en plaindra.
Tout est un peu limite, de l’interprétation des textes à celle des chansons mais l’investissement est total. Chaque comédien donne tout son petit être dans le « ici et maintenant ». On est forcément pris, embarqués dans ce tourbillon. Bien sûr on sent les défauts de construction mais ça tient debout et c’est tout ce que l’on demande. Peut-être pourrait-on aller plus loin dans la souffrance, le glauque mais aussi dans le positif. Car si l’esprit de soutien de ces prostitués est dessiné, il manque encore deux/trois petites phrases pour que l’on y croit. On aborde le regard des autres, l’échec, la sexualité, l’amour avec un peu de cette passion adolescente que le spectateur a déjà perdu, si l’on en croit l’age moyen dans la salle.
Bon nombre de clins d’œil un peu plus mâture montrent la conscience de l’équipe de la jeunesse de leur travail. Ainsi, le fil conducteur n’est pas tout à fait clair et certaines scène sont aberrantes. Notamment un poignard en plastique planté dans un personnage dont le rôle n’était déjà pas très précis. On ne songe même pas à leur en vouloir car ils sont beaux et l’on sent derrière certaines maladresses une volonté d’aborder des sujets difficiles. Effectivement, le thème de l’acceptation est central et l’on en sort avec l’envie d’être un peu plus humain.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Maisons Closes (site web)
Pièce écrite et mise en scène par Olivier Schmidt
Avec Aura COBEN, Lea BERNIER, Diane DUQUESNE, Olivier SCHMIDT, Xavier FERREIRA, Julien VEILLEUX et Arnaud Laurent
Les 23/09, 24/09, 25/09, 01/10 et 02/10
à 20h30
Théâtre des artisans
14 rue de Thionville 75019 Paris
Réservations: 01.42.49.83.96[/slider]












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