Dimanche soir, veille de semaine, la boule au ventre en forme de cafard plantée bien au fond de l’estomac, angoisse de rentrée qui se répète inévitablement chaque fin de week-end et rien pour la faire passer, pas un bouquin, pas un film, rien… En fait si, une idée suggérée par un ami au détour d’une conversation « va voir les Alcoolytes à la Main d’Or, c’est frais ! ».

Le mot était juste : frais. Comme le glaçon qui manque parfois dans un rosé trop acide, comme ce bonbon vert qu’on suce pour chasser l’ail de midi, comme deux grands yeux bleus croisés un matin station Saint Sulpice dans la foule grise des parisiens anonymes, les Alcoolytes offrent ce moment qui allège et détend quand le monde autour soigne ses peurs avec TF1.

Et de télévision, il en est beaucoup question dans ce spectacle à sketches où défilent quelques caricatures d’émissions souvent plus justes que la réalité, en tout cas tellement plus drôles. Parfois même, la parodie prend les devants de l’actualité, notamment ce sketch où Delarue et son assistante tout poudrés de fard colombien, pètent les plombs face à des invités en crise venus dire leurs maux pathétiques sous les spotlights de la télé publique. Défilent ensuite d’autres figures, un Luchini intarissable coincé pour la nuit dans un théâtre, Jean d’Ormesson ineffable esprit bondissant à la chute truculente et bien d’autres encore plus ou moins connus, plus ou moins subtils. Tous sont campés par Christophe Truchi, également auteur de la pièce qui révèle un talent d’imitateur certain et une force comique évidente, un comédien qu’il s’agit de suivre… Ses acolytes, Marjolaine Humbert et Federico Santacroce (remplacé par Valentin Papoudof à partir du 10 octobre) pétillent à ses côtés.

Sur un rythme délirant
L’enchaînement des sketches trouve son fil conducteur dans le rythme enlevé, délirant qu’impose les trois comédiens rapidement gagnés par la sueur. Il faut dire qu’ils se démènent pour nous faire rire et nous surprendre, et bien souvent ça marche. Au début quelque peu gênés et contrits, les éclats se libèrent et la contagion opère. Ils nous rappellent les Inconnus et leurs sketches en forme de flashs, posant un regard acide (parfois facile) sur la société.

Pour le spectateur, son dimanche soir est digéré, la boule au fond du ventre a disparu laissant la place à quelques crampes abdominales, il peut rentrer frais et dispo, sans avoir perdu sa soirée, détendu.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] LES ALCOOLYTES présentent nos Débuts à La Main D’Or (site web)
Écrit et joué par Christophe Truchi, avec Valentin Papoudof (Federico Santacroce jusqu’au 10 octobre) et Marjolaine Humbert
A partir du 06 Septembre 2010
Tous les premiers lundi du mois à 20h30 et les trois dimanches qui suivent à 20h30

Théâtre de La Main D’OR
15, passage de la Main d’Or, 75011 Paris
Réservations: 01 43 38 06 99 [/slider]