Catherine Lecor et William Herremy adaptent des articles de Presses de Jean-Baptiste Platel. L’histoire d’une révolte impressionnante qui débuta dans l’Oise au début du vingtième siècle.
A cette époque, le sud de l’Oise se consacre à l’industrie de la nacre, la tabletterie et la boutonnerie. Mais alors un nouveau coquillage est introduit: Le troca. Il est moins coûteux et la différence de qualité n’est appréciable que par les connaisseurs. Pour grossir leur marge malgré la concurrence, les patrons baissent les salaires des ouvriers, parfois jusqu’au tiers. 99 jours les troubles est le récit du combat ouvrier contre cette injustice, ce mouvement de révolte qui dura 99 jours.
La valeur et le prix des choses
Lorsque l’on va voir du théâtre engagé, on a peur d’être embarqué dans quelque chose de trop sérieux. Le complexe très répandu du « c’est peut-être un peu trop intellectuel pour moi ». Et les dix premières minutes sont effectivement fastidieuses, il faut s’habituer au débit et à ce texte un peu difficile d’accès. Ce temps nous est royalement offert par une mise en scène progressive. La sobriété des premières répliques est comme une main tendue. On nous propose une promenade pas forcément de tout repos dans l’Oise du début du siècle dernier. Et tout est parfaitement bien orchestré.
Le jeu des comédien est un vrai délice, ils parviennent à être justes et surprenants avec une gestion parfaite de leur corps et de l’espace scénique. Quelques éclats de rires montent en nous, incontrôlables, quelques larmes également. Nous sommes entrainés par la musique de Philippe Mallard qui rythme avec brio aussi bien le jeu que les changements de lieu. Les lieux nous sont suggérés par différents placements de la table et des chaises. Ce décor épuré rend au théâtre toute sa magie, on se trouve successivement dans une cuisine, en pleine manifestation, au milieu d’une réunion patronale et en bien d’autres endroits. Les lumières de Guillaume Giraudo rendent des ambiances, elles sont simples et efficaces. Les costumes sont eux aussi très sobres et l’on suggère des changements de personnages par l’enfilage d’une veste. Pas de chichis, ce sont de vrais costumes d’alors portés avec simplicité. Les comédiens n’interprètent plus un personnage mais des voix, celles d’un peuple en colère et la réponse qu’on leur fait. Enfin vient l’atterrissage un peu violent avec un message très clair et qui était attendu. Bien insensible celui qui ne sortira pas avec une furieuse envie de se syndiquer.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] 99 jours, les troubles (site web)
Jean-Baptiste Platel, adaptation Catherine Lecor et William Herreny
Avec William Herry, Marie Daguerre, Hervé Mahieux et Stéphane Jourdier
Musique: Philippe Mallard
Lumières: Guillaume Giraido
(déchargeur du 27 avril au 22 mai) avignon off juillet 2010
13h25
Le Buffon
18 rue Buffon 84000 Avignon
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