Un portrait d’artiste réjouissant doublé d’un instantané de la gestation de sa création, voilà ce que propose jusqu’au 27 juin le Théâtre du Rond-Point avec cette création de Patrick Sorin, artiste-vidéaste passionné par la technique de l’auto-filmage. L’auteur laisse le devant de la scène à Nicolas Sansier qui nous offre ici une performance que l’on situera à mi-chemin entre le one man show et le happening artistique.

Ne cherchez pas un sens – même caché- au titre de la pièce, l’auteur l’avoue lui-même : il n’y en a pas. Sur la base des réflexions préalables à la mise en place d’un dispositif créé à l’occasion de l’édition 2002 de la Nuit Blanche, sa pièce se veut un extrait du journal de bord du plasticien. Elle montre un artiste en proie aux doutes et soumis aux sollicitations incessantes du monde extérieur : son conseiller financier, les journalistes de la presse régionale, ses amis et connaissances, artistes et galeristes etc. Dans son atelier s’accumulent divers objets, tous susceptibles d’inspirer l’artiste. Il ne faudra donc pas s’étonner, par exemple, que dans l’esprit du créateur une chaussette remplie d’air chaud se mue en une étrange représentation phallique…

crédit photo Brigitte Enguérand

« Je néant vide rien »
Par le biais de l’humour et du décalage, Patrick Sorin interroge le processus créatif. Sa pièce se veut le miroir de la beauté et de l’absurdité du travail artistique en cours. Poétique et accessible, l’univers de Sorin pourrait se rapprocher de celui de Michel Gondry.

La dizaine de caméras, souvent placées à des endroits incongrus, associée aux nombreux écrans donnent à voir en direct et sous des angles originaux le travail en train de se faire. La création balançant entre jeu et montage vidéo – via le processus de l’incrustation-, Nicolas Sansier peut endosser le rôle de chacun des personnages. En résulte une interaction intéressante entre image et acteur accentuant la mise en abîme de cette création dans la création.

Véritable démystification du processus de création par laquelle l’auteur revendique la régression, 22h13 invite à s’interroger sur la valeur intrinsèque de l’œuvre d’art sans céder à la facilité du parti pris pompeux. Drôle et réjouissant.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] 22h13 (ce titre est susceptible d’être modifié d’une minute à l’autre) (site web)
Ecriture, mise en scène, scénographie et vidéo : Pierrick Sorin
Interprétation : Nicolas Sansier
Jusqu’au 27 juin à 20h30 (le dimanche à 15h30)

Théâtre du Rond-Point
2bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris
Réservations : 01 44 95 98 21[/slider]