Cette saison, après Stéphane Braunschweig à La Colline, Michel Fau au théâtre de la Madeleine et Jean-Louis Martinelli au Théâtre Nanterre-Amandiers, c’est maintenant à l’Athénée que Nils Ohlund se penche sur les tourments de Nora Helmer.
Nora est une femme d’intérieur rendue légère et immature par un père puis par un époux l’ayant toujours considérée comme leur bien le plus précieux. Vivant dans un environnement confortable et sécurisant, elle est pourtant contrainte de remettre en question l’équilibre de son foyer du fait d’un faux en écriture rédigé de sa main plusieurs années en arrière. Habitée par le besoin de « savoir qui a raison, de la société ou d’(elle)», Nora entame son processus d’émancipation.
Réflexion sur la position de la femme façonnée par le désir masculin, qu’il soit celui d’un père ou d’un mari, la Maison de poupée d’Ibsen garde toute sa pertinence.
« Putain de mort et saloperie de douleur »
L’intérêt majeur de cette adaptation réside dans le fait que traduction et adaptation sont toutes deux signées de Nils Ohlund lui-même. L’appropriation du texte est totale et le classicisme de la mise en scène ne saurait masquer l’éclairage personnel sur les tourments de Madame Helmer qu’Ohlund parvient à insuffler à sa création.
La scène se situe quelque part entre la fin des années 60 et le début des années 70 dans un appartement bourgeois. Le parti pris n’est évidemment pas anodin : situer cette destruction de la cellule familiale au moment où grondent l’émancipation féministe et la révolution des mœurs permet d’universaliser et de justifier le combat de Nora. Justification d’autant accentuée qu’Ohlund opère une translation légère dans les rapports entre les personnages et choisit de mettre en avant une complicité sincère entre Kristine et Nora, humaine et réellement bienveillante. La nourrice et les enfants demeurent quant à eux invisibles, atténuant la culpabilité d’une Nora, femme libre avant d’être mère.
Avec Olivia Brunaux, Nora prend les traits d’une jolie quadragénaire à la personnalité d’emblée plus nuancée et mesurée que dans d’autres adaptations. Féodor Atkine, campant un Torvald sexagénaire, représente au mieux ce personnage paternaliste, outrageusement sûr de sa droiture et de la justesse de son jugement, tandis qu’Alexis Danavaras dans le rôle du pince-sans-rire Docteur Rank est délicieux.
Derrière une esthétique Super 8 et Formica, la pièce d’Ibsen, sous la direction de Nils Ohlund parvient à nous dire toute l’actualité et la violence de ce combat de femme.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Une maison de poupée (site web)
D’Henrik Ibsen
Mise en scène de Nils Öhlund
Avec Féodor Atkine, Olivia Brunaux, Alexis Danavaras, Emmanuelle Grangé, Bernard Mazzinghi
Du 6 au 22 mai 2010
Mardi 19h ; mercredi, jeudi, vendredi, samedi 20h ; matinée du samedi 15h et matinée du dimanche 16h
Théâtre Athénée-Louis Jouvet
Square de l’Opéra Louis-Jouvet
7 rue Boudreau, 75009 Paris
Réservations : 01 53 05 19 19
[/slider]












Pas de commentaire pour l'instant