Le théâtre des Abbesses propose actuellement un cycle sur l’Inde: son théâtre, sa musique et ses danses. Difficile d’offrir un panorama de cette culture bouillonnante sans convier Akram Khan danseur et chorégraphe majeur d’origine bangladeshie dont le travail puise à la fois dans la tradition hindouiste et dans la danse contemporaine.

Tout est délicatesse et précision dans le travail d’Akram Khan qui a été formé au khatak dès son plus jeune âge auprès du maître Sri Pratap Pawar. Après avoir notamment travaillé avec Peter Brook, il fonde sa propre compagnie en 2000 avec laquelle il crée Zero degrees en collaboration avec Sidi Larbi Cherkaoui, le sculpteur Antony Gormley et le compositeur Nitin Sawney. Adepte de rencontres et d’échanges, il partage en 2006 la scène avec Sylvie Guillem pour Sacred Monsters, puis avec Juliette Binoche en 2008 sur IN-I.

Grâce, fluidité et précision
Avec Gnosis, Akram Khan opère un retour aux sources du katahk, cette danse indienne narrative faisant le pont entre sacré et profane. Conçu avec la danseuse Gauri Sharma Triparthi, le spectacle rend hommage à différentes figures de la culture indienne traditionnelle.

L’ouverture se fait sur le rythme doux des percussions taiko (instrument traditionnel japonais) tandis qu’Akram Khan fait son entrée, des clochettes aux chevilles marquant doucement le rythme de ses pas. Une violoncelliste, des chanteurs, joueurs de tabla et de sarod (instruments traditionnels indiens) viennent compléter ce dispositif scénique fascinant dans lequel le spectateur est instantanément happé.

Entre mythologie hindouiste et danse contemporain, le danseur prend majestueusement possession de son corps et de l’espace qui l’entoure par le biais d’une danse de paradoxe alternant entre pirouettes rapides, ondulations délicates et postures figées. Akram Khan clos la première partie du spectacle par une séance d’improvisation mettant en lumière l’écoute et l’échange entre le danseur, devenu l’espace d’un moment chanteur, et ses musiciens. Le dialogue entre le corps et les instruments devient évident et toute la notion de « conversation » du khatak se fait palpable. En plus de ses multiples talents, Akram Khan se révèle pédagogue.

La deuxième partie du spectacle s’appuie sur la délicatesse et le chant cristallin de Yoshie Suhanata que l’on a découvert aux percussions taiko dans la première partie. La puissance du solo cède le pas à la grâce et à la sensualité du duo.

A la fois accessible et captivant, Gnosis plonge le spectateur dans une transe méditative, à l’image des dix dernières secondes du spectacle, qui le poursuit un moment.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Gnosis (site web)
D’Akram Khan
Du mardi 11 au samedi 15 mai 2010 – 20h30

Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses, 75018 Paris
Réservations : 01.42.74.22.77[/slider]