Derrière Andromaque, Britannicus est la seconde pièce la plus jouée de Racine. Jean Leloup nous en offre sa vision non sans un certain décalage, parfois bien senti parfois une pointe anachronique.
L’ action se situe en 56 après J.C et mêle intimement conflit politique et rivalité amoureuse. Néron, fils d ‘Agrippine gouverne l’empire de Rome. Agrippine a en effet épousé l’empereur Claude, père de Britannicus. Après avoir éloigné ce dernier du trône en le disgraciant aux yeux de son père, Néron accède au pouvoir. La pièce de Racine nous montre la naissance de la monstruosité de Néron qui conduit par sa volonté de puissance absolue va décimer sa famille et conduire son frère a la mort.
Respecter le fond en allégeant la forme…
Des trois thématiques essentielles abordées dans la pièce, à savoir les frères ennemis, la rivalité amoureuse et l’absolu pouvoir, la tension dramatique est bien présente, une belle complicité entre les comédiens nous tient dans l’intrigue. Nous sommes vite saisis et plongés dans l’histoire bien que les costumes interpellent quelque peu. Néron, empereur de Rome, arrive en blouson de cuir rouge. Un peu surprenant pour les puristes, il est vrai qu’il n’est pas courant de voir un motard réciter de l’alexandrin. Il y a une volonté évidente dans cette mise en scène de moderniser l’ensemble et d’alléger parfois la solennité des personnages. C’est certainement la tout l’enjeu de monter du classique aujourd’hui. Dans l’acte deux par exemple, Néron tente de séduire Junie en lui offrant un déhanché sur Tom Jones, et cela fonctionne très bien. Effectivement un peu de légèreté dans ce monde tragique n’est pas pour déplaire. Mais toutes ces directions, très bien senties vers une actualisation du propos, se trouvent arrêtées net par les comédiens qui restent bloqués dans une certaine diction d’époque, celle ou le phrase tient une amplitude pesante dans l’espace. On remarque néanmoins la performance de Bertrand De Belmont qui apporte de jolies nuances aux personnages de Néron. Bien que d’une éminente cruauté, il se montre parfois drôle en se glissant dans des situations complètement cocasses. Le décor, plutôt minimaliste, n ‘est pas sans évoqué le contexte de la pièce, de larges cubes et des colonnes entre lesquelles les personnages se perdent parfois, sans créer pour autant de réel intérêt pour la scénographie. Malgré l’exigence légitime du spectateur face à ce grand classique, cette mise en scène reste réussie et à découvrir.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Britannicus (site web)
Mise en Scène de Jean Leloup
Avec Bertrand De Belmont, Eric Feuerstein, Sandrine Frankreich, Christophe Gadaud,Lionel Guijarro, Loïc Le Sauge, et Lise Trabaud
Jusqu’ au 2 Mai
Jeudi 21h, samedi 21h et le dimanche 17h
Au théâtre du tambour royale
94 rue du Faubourg saint denis, 75011 Paris
Réservations: 01 48 06 72 34[/slider]












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