Présenté dans le cadre du festival RE:MEDIA 2.0 1.0 sur la communication politique, Est-ce que le monde sait qu’il me parle? interpelle par son titre même. Et c’est la curiosité et l’envie en plein émoi que le spectateur pénètre dans un container…
Tous les jours, à chaque instant, des messages nous sont proposés. Allant du plus modeste des panneaux indicateurs jusqu’au très imposant panneau publicitaire. Nous sommes en permanence sollicités. Est-ce que le monde sait qu’il me parle? C’est du théâtre, mais ce sont avant tout deux personnes qui viennent prendre le temps de nous expliquer ce que le monde leur raconte. Car non seulement la compagnie Ktha travaille sur des textes qui ne sont pas écrits pour le théâtre, en l’occurrence des slogans publicitaires et autres messages informatifs, mais encore elle met en scène des acteurs s’adressant aux spectateurs en les regardant dans les yeux, directement, sans détour.
C’est un théâtre axé sur l’une des volontés primaires de cet art: communiquer. Cependant il n’en oublie pas pour autant d’être étonnamment divertissant. On en sortira surpris d’avoir reçu autant d’émotions différentes en entendant la même chose que ce que l’on entend et lit tous les jours sur nos écrans, dans nos écouteurs, dans nos couloirs de métro, derrière nos téléphones, etc.
Un « spectacle pour 1 container, 2 comédiens, 1 vidéo-projecteur et 100 poupées »
En arrivant à l’espace des Confluences, avant même l’obtention officielle du titre de spectateur, nous sommes conviés à regarder un peu mieux autour de nous. Là, devant l’entrée, il y a un gros container sur lequel est écrit le titre du spectacle. Faut-il attendre devant? C’est en tournant autour de ce fameux container qu’on découvre, écrit en plus petit une consigne concernant l’achat des billets. Et ce n’est pas tout car, en pénétrant dans le hall, on peut découvrir l’exposition de l’artiste Réro. Exposition jouant sur le détournement des matières et des médias. Nous sommes donc, sans le savoir mis en condition.
Dès lors que nous sommes entrés dans le container, le spectacle commence et nous voilà happés. Ici, on prends le temps. Ici, on est ensemble, on se regarde, on s’écoute. Et chaque bruit, chaque souffle, chaque réaction du public, se répercute sur le jeu du comédien. Ainsi, le spectateur n’est plus réduit au silence mais monté au rang de partenaire muet de jeu. Les comédiens ne jouent plus seulement pour lui, ils jouent avec lui. Lui parlent du monde par de simples « ils me disent que… », « ils me disent que je le vaux bien », « ils me disent que la vie est belle et qu’elle est vraie», etc. Le tout rythmé par des chutes de poupées qui viennent peu à peu envahir une grande partie de l’espace de jeu. Les objets sont humanisés puis rangés, et enfin étalés. Quant aux personnages, ils s’interrogent, apprécient ou subissent ce que « ils » leur communiquent. La vidéo est utilisée dans ce sens, avec grande intelligence. D’élément de décors évolutif, elle passe par moment au centre de la communication, allant jusqu’à transformer les comédiens en écran de projection. Et vous, est-ce que le monde vous parle? Est-ce que vous le savez? Est-ce qu’Il le sait? En sortant, la vie a repris son cours, j’ai allumé mon portable et « ils m’ont dit que… ».Un spectacle ultra-moderne qui commence avant l’entrée et semble continuer tout au long de notre vie.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Est-ce que le monde sait qu’il me parle? (site web)
De Ktha Compagnie
Avec Chloé Chamulidrat, Laetitia Lafforgue, Yann Le Bras, Guillaume Lucas, Lear Packer, Nicolas Vercken
avec l’aide de Pauline Besnier, Laura Cros, Elisa Heynig, Juilien Peissel, Ximena Rodriguez
Du 3 au 28 mars 2010
du merdredi au vendredi à 20h, Samedi et Dimanche à 17h et 19h
Confluences Maisons des arts urbains
190 boulevard de Charonne, Paris 20ème
Réservations : 01 40 24 16 46
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