Bien sûr tout le monde connait Caroline Loeb et son fameux tube « C’est la ouate » qui fut un véritable carton qui marqua les années 80 mais ce qu’on sait peut-être moins c’est que la Loeb, comme on dit, a fait un sacré bout de chemin depuis.

A la fois metteuse-en-scène comme pour Judith Magre qui reçu un Molière pour Shirley, comédienne comme dans Les Monologues du vagin et toujours et encore chanteuse puisqu’elle vient de sortir son troisième album intitulé « Crime parfait » : on ne l’arrête pas ! Et cette fois-ci la « polyvalente » Caroline a décidé de rendre hommage en chansons et en anecdotes aux grands, que dis-je, aux grandes du music-hall et de la scène : de Mistinguett à Madonna, d’Arletty à Mae West, d’Yvette Gilbert à Brigitte Bardot, elle interprète dans la pure tradition du cabaret leurs titres les plus célèbres mais aussi les plus méconnus et elle n’oublie pas de se citer elle-même en nous faisant découvrir ses dernières compositions et en pratiquant l’art subtil de l’autodérision.

Wilkommen, Bienvenue, Welcome
Et c’est parti pour une heure trente où la pétillante Caroline va nous faire entrer dans l’univers magique du Music Hall. Et pour se faire pas besoin de 15 danseurs comme elle le dit elle-même ni de grands moyens techniques. Prenez juste un décor minimaliste avec un paravent pour les changements de costume, un micro pour faire chanteuse, des accessoires essentiels au cabaret comme le chapeau clac, la canne et le truc en plumes et surtout oui surtout un accordéoniste de talent qui devient votre complice de scène. Et le tour est joué !

Alors Caroline peut commencer son show avec l’abattage et la gouaille de ses illustres idoles qui l’ont précédée. Avec un humour mordant et tendre à la fois, elle passe en revue ces femmes qu’elle a adorées depuis l’âge de huit ans. Elle nous offre un festival d’anecdotes croustillantes et drôles, des perles rares parfois oubliées qui ont parsemé la vie de ces stars. Comme par exemple la fois où l’actrice américaine Tallulah Bankhead (une icône gay des années 30) croise l’un de ses nombreux amants accompagné de sa femme au restaurant et lui dit : «Comment ? Tu ne me reconnais pas toute habillée ?». Mais Caroline Loeb n’oublie pas de chanter, de danser et de nous enchanter en rendant hommage aux plus belles chansons des légendes de la scène ; certaines archi-célèbres comme «Like a virgin» de Madonna qu’elle revisite brillamment ou d’autres plus méconnues comme « Ouvre la bouche, ferme les yeux » de Régine écrite par notre Gainsbourg national. Elle n’a peur de rien, la Loeb, et va jusqu’à imiter la gestuelle de Joséphine Baker ou la voix toute timide de Jane Birkin. Et ce n ‘est par hasard qu’elle a choisi pour son spectacle beaucoup de chanteuses dites «sans voix» car elle assume pleinement en faire partie.

Et elle assume encore plus jusqu’à nous gratifier d’une scène incroyablement drôle où elle revisite son tube «C’est la ouate». Accompagné de son accordéoniste, Gérald Elliott, très touchant lui aussi, elle se lâche dans une version rap et rock démente ! Puis elle revient sur sa carrière, sur l’âge d’or du Palace, sur les gays qui l’ont toujours soutenu et sur les lettres hallucinantes de ses fans comme celle où on lui dit qu’elle est plus moche que Desireless ! Mais ne dévoilons pas tout, il faut aller voir le spectacle pour découvrir d’autres bijoux aussi bien sur Caroline que sur les femmes de sa vie. De toutes les manières, c’est la Loeb qu’on préfère…

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Mistinguett, Madonna et… moi ! (site web)
Avec Caroline Loeb, Gérald Elliott (l’accordéoniste)
Tous les dimanches à 19h jusqu’à fin mai

Théâtre Montmartre Galabru
4 rue de l’armée de l’Orient, 75018, Paris
Réservations: 01 42 23 15 85 [/slider]