Xavier Durringer est l’un des auteurs les plus emblématiques de ces 20 dernières années.
A la fin des années 80, il se met à écrire et à mettre en scène ces premières œuvres avec sa propre compagnie La Lézarde. Il va marquer toute une génération en s’inscrivant dans un renouveau du genre théâtral. Avec une écriture singulière et proche du réel, parlant des relations amoureuses en termes nouveaux, Xavier Durringer bouscule les conventions admises de l’époque.

Bal – Trap est un exemple parfait de son écriture, c’est l’une de ses pièces les plus connues et les plus jouées aussi. Elle met en situation deux couples : d’un côté Gino et Lulu, couple en crise, qui reviennent des années après à l’endroit où ils se sont aimés la première fois et de l’autre côté Bulle et Muso qui vont se rencontrer sous nos yeux. Un amour qui va peut-être se finir et un amour qui va naître…

Un coup de feu dans la nuit…
C’est donc dans la toute petite salle du Guichet Montparnasse, là où Xavier Durringer a mis en scène lui-même Bal -Trap il y a 20 ans que nous allons assistés au spectacle. Le défi n’est pas mince ! Mais l’ambiance créée par l’intimité du lieu, la proximité des acteurs et peut-être, qui sait, l’ombre de l’auteur planant au-dessus de nos têtes vont aider à relever ce défi. D’abord parce que la mise en scène d Eve Weiss se veut très minimaliste. Elle choisit un décor sobre en toile de fond : une guirlande qui pend, quelques ballons et quelques bières pour signifier la fin du bal et en avant-scène le vide pour laisser aux acteurs le soin de le remplir.

Et les acteurs le remplissent bien. Ils donnent le ton juste à leurs personnages en les ancrant dans un espace-temps qui pourrait être il y a 20 ans mais qui pourrait être aussi aujourd’hui. Ils n’en font jamais trop comme pour restituer le texte simple et empreint de vérité de Bal -Trap. Un texte intime et intemporel qui appelle ce face à face avec le public. Les deux couples deviennent si proches de nous que nous poussons la porte et nous entrons comme des voyeurs dans leurs moments de querelles, de joie ou de tristesse ; tendant l’oreille pour ne pas perdre une seule parole. Et quand les couples se séparent un temps, les hommes se confiant l’un à l’autre, on compatit et on aimerait que les femmes entendent leurs souffrances. En perçant de manière ainsi leur intimité, on comprend ce qui ne va pas chez eux et finalement peut-être ce qui ne va pas chez nous.

Et puis il y a le cinquième personnage, le violoniste, qui tient un rôle essentiel parce qu’il est le lien entre ces deux couples. Il est à la fois l’ange qui passe pour sublimer l’amour naissant ou le démon qui accompagne avec violence les instants de déchirements. On pourrait simplement le prendre comme le témoin de ces scènes de couples mais on pourrait croire aussi que c’est lui qui provoque les dieux en influant sur le cours des choses. Et tel une Cassandre qui voudrait nous prévenir ou un sage qui détiendrait le savoir, il aura le mot de la fin : « L’amour c’est une question de nez, ça te rentre par la narine, ça remonte le long de la cloison et ça revient se loger tout là-haut, dans ta tête et ça te fait exploser la tête. » Xavier Durringer décrit si bien l’amour dans cette œuvre dont il dit qu’elle est « un coup de feu dans la nuit » qu’il ne faut pas hésiter à aller voir Bal -Trap, 20 ans après, au Théâtre du Guichet Montparnasse.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] BAL – TRAP (site web)
De Xavier Durringer
Par la compagnie Tête en L’Air et la compagnie du Pandor
Mise en scène : Eve Weiss
Avec : Laurent Collard (Gino), Caroline Rivet (Lulu), Letti Laubies (Bulle), Christophe Petit (Muso), Séverin Dupouy (Le Musicien) Décors, costumes : Caroline Mexme Lumières : François-Eric Valentin
Du 17 mars au 15 mai 2010
Du mercredi au samedi à 20h30

Théâtre Le Guichet Montparnasse
15, rue du Maine 14ème
Réservations au 01 43 27 88 61
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