Dans la continuité de La folie de Janus qui évoquait avec intensité et pudeur l’affaire des disparus du Beach de Brazzaville, la compagnie Mabel Octobre poursuit son travail de dénonciation des horreurs de la guerre avec Même pas morte, pièce subtile à destination du jeune public.

Vesna (« printemps » en ukrainien) est une enfant de la guerre aux cheveux prématurément blanchis. Recueillie par une famille occidentale, elle découvre un nouveau foyer où les seules grenades qu’elle est susceptible de rencontrer sont des fruits à la chair délicieuse et non plus d’effrayants projectiles susceptibles d’engendrer la mort.
Hantée par les réminiscences de souvenirs trop lourds pour ses frêles épaules, Vesna doit réapprendre à vivre en dépit des cauchemars qui interfèrent avec ce nouveau quotidien. Le camion poubelle qui passe, le bruit du rasoir qui tombe sur le carrelage… tout est susceptible de plonger la jeune héroïne dans une transe terrifiante. Tel l’accomplissement d’un rite initiatique, Vesna doit surmonter les angoisses l’ayant condamnée à grandir trop vite.

Après l’hiver vient le printemps…
Ici, la guerre n’est pas localisée car il s’agit d’universaliser le propos en évoquant CES guerres qui brisent les individus, tant sur le plan physique que psychique. Le parti pris de la compagnie Mabel Octobre est d’insister sur les dommages (souvent irrémédiables) que ces drames engendrent sur la construction de l’enfant.

Si le propos est dur, la technologie est mise au service de la distanciation : Vesna est représentée par une marionnette virtuelle animée en temps réel. Via les deux écrans entre lesquels évoluent les acteurs jouant le rôle des parents adoptifs de Vesna, le spectateur plonge dans un monde où virtuel et réel se confondent. Et tandis que les rêves et cauchemars de l’héroïne sont représentés par de superbes animations, la musique fantomatique et onirique jouée en direct sur un clavier-Ondes Martenot ajoute à cette atmosphère perturbante. Porteuse d’espoir sans verser dans l’angélisme, la nouvelle création de la compagnie Mabel Octobre marque les esprits, et pas seulement celui du jeune public.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Même pas morte (site web)
Ecriture et mise en scène : Judith Depaule
Coordination technique régie vidéo-numérique temps réel : Thomas Pachoud, assisté de Louise Pequignot
Avec Fabien Audusseau, Charlotte Ramond et Nadia Ratsimandresy (clavier)
Du 27 janvier au 07 février 2010 (du mercredi au samedi).

Théâtre Dunois
7, rue Louise Weiss, 75013 Paris
Réservations : 01 45 84 72 00

En tournée :
Théâtre de Saint Quentin en Yvelines, scène nationale (78), les 17 et 18 février 2010
Théâtre à Châtillon (92), les 20 et 21 mai 2010
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