Venez rire au spectacle d’un crime. L’amour en est la victime.
1868. Victor Hugo, persona non grata dans la France de Napoléon III, achève à Bruxelles la rédaction de “L’homme qui rit”, épopée romanesque et métaphysique : c’est l’homme face à la nature, à la société, au destin. Dans un monde en proie au chaos, oscillant entre lumière et ténèbres. C’est aussi une puissante réflexion sur le bien et le mal, la vie et la mort, la liberté et le pouvoir, l’amour. C’est enfin un cri. Un cri de révolte contre “l’exploitation des malheureux par les heureux”.
1690. Gwynplaine, un enfant au visage mutilé, hideusement gravé d’un large rire, abandonné dans la nuit sur une plage d’Angleterre, trouve un bébé, une petite fille, Déa, et la sauve de la mort. Ayant frappé à la porte d’une roulotte, ils sont recueillis par Ursus, saltimbanque et bonimenteur qui a pour compagnon un loup, Homo. Les années passent. Déa, qui est aveugle, et Gwynplaine s’aiment. Ensemble, ils jouent dans un spectacle qu’Ursus a imaginé : “Chaos vaincu”. La laideur de Gwynplaine -”l’homme qui rit” – amuse les foules. A Londres, il est une véritable attraction. Fascinée par sa monstruosité, Lady Josiane, aristocrate désabusée, tente de le séduire. Mais elle n’y parvient pas. Ce qui va bouleverser la vie de Gwynplaine, c’est la révélation de sa véritable identité. Fils d’un lord, sa place n’est plus dans une roulotte mais à la Chambre des Lords. S’y présentant en défenseur des opprimés, il en ressort sous les rires et les quolibets.
Épopée impressionniste
Tout roman enferme des ombres. Leur donner vie sur scène est un véritable défi.Défi que Marion Lécrivain a relevé avec talent. Son adaptation, intelligente et concise, du roman nous permet de saisir le drame dans toute sa beauté et sa noirceur. Sa mise en scène, inventive, rythmée, servie par six comédiens appliqués et impliqués, nous donne à voir ou à entrevoir deux mondes séparés, disloqués.
Dans le premier – en bas – symbolisé par une plate forme en avant scène, l’art et l’amour, le bien gouvernent. Dans le second, en fond de scène -en haut – c’est le règne du pouvoir et de la folie, du mal. Entre les deux, figuré par un plateau en pente, c’est le no man’s land, l’ascenceur et le gouffre, le lieu du combat intérieur. A l’extérieur, au son du chaos, une lutte plus violente encore s’engage entre l’obscurité et la lumière, envahissant tout l’espace du drame. Qui l’emportera ? Venez ! Et vous verrez. Vous verrez un naufrage (fantastique!), des chanteurs, de la danse, des conteurs (fantasmagorique!), une histoire, un spectacle, une pièce… magnifique!
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] L’homme qui rit (site web)
De Victor Hugo
Adaptation et mise en scène de Marion Lécrivain
Avec Damiène Giraud, Wahid Lamamra, Jean-François Maenner,
Camille Pélicier, Antoine Philippot, Jean Pierre Rouvellat
Jusqu’au 21 février 2010
Mercredi, vendredi, samedi à 20h30, jeudi à 19h et dimanche à 16h30
Centre culturel Jean-Houdremont
11 avenue du Général-Leclerc
93120 La Courneuve
Réservations 01 48 36 11 44
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