Fairy tale heart

Fairy tale heart

Un conte de fées du quotidien

Un livre animé par deux adolescents qui, pour exorciser leur peur, leur frustration, leur misère et leur sentiment d’abandon, se plongent dans un conte de fées afin de raconter leur quotidien. Le temps de caresser la couverture cartonnée et nous voilà emportés dans le royaume de Karamazou où sorcier et rat géant existent et où les coeurs de princes et de princesses font ’’badaboum‘’.

Un soir d’hiver, Gidéon et Kirsty, se retrouvent par hasard dans le centre communautaire de leur cité. Laissé à l’abandon depuis la mort de la mère de Kirsty, ce lieu sombre remplis de cartons va devenir le théâtre d’un monde merveilleux où se côtoient créatures magiques et animaux de tous poils. Le quotidien que décrivent ces adolescents, un peu perdus dans leur vie banale et sans saveur, va devenir lumineux et remplis de magie grâce à l’imagination de Gidéon. Ce garçon, maladroit, sauvage et rêveur, déroute le pragmatisme et le scepticisme de Kirsty, enfermée dans sa colère et sa souffrance psychologique. Pour lui rendre le sourire, il détourne la vérité crue et blessante de leur vie triste en la transformant en un conte de fées. Il veut lui prouver que la vie n’est peut être pas si terrible et que la magie est partout si l’on veut bien voir la vie autrement.

Boites à bonheur
Se laisser guider par son âme d’enfant… Le texte, écrit par le Britannique Philip Ridley, est empreint d’une poésie picturale presque enfantine, mais loin d’être sirupeuse et simpliste. A la fois drôle et touchant, celui-ci est admirablement servi par un casting, à la présence rayonnante. Tony Incandella, au charisme insolent, donne à Gidéon une dimension à la fois burlesque et sensible, faisant de Gidéon un jeune homme qu‘on aimerait avoir à ses côtés lorsque le cafard rode autour de nous. Sous ses airs un peu rustre et débonnaire, Gidéon nous embarque dans un monde où la peur, l’abandon ou la colère cèdent place à l’amour, la simplicité et la beauté de la et le partage. Il met de la poésie dans tout (‘’La neige, c’est comme des morceaux étincelants d’étoiles qui tombent comme des plumes qui brûlent’’), et finit par faire rêver Kirsty, jouée par Lou Wenzel. La comédienne, tour à tour autoritaire, brusque, voire intolérante puis romantique, douce et romantique, touche la perfection en interprétant une adolescente fragile à la carapace forgée par la rage et la déception. Elle nous emporte dans sa sincérité, jusqu’à ce qu’une larme roule sur nos joues en même temps que sur les siennes.

Tout nous embarque même la scénographie. Minimaliste, sombre et froide au début, les boites en carton se transforment au gré du texte en un monde fantasmagorique : les murs deviennent de jungles merveilleuses peuplés d’animaux incroyables, les bougies des étoiles colorées, le mobilier la tanière d’un rat géant ou la grotte d’un sorcier… Et les lumières donnent une poésie enchanteresse aux filles et garçons devenus papillons dans la bouche de Gidéon. Tels les bonbons acidulés de notre enfance, cette pièce laisse un goût fruité exquis bien après le tomber de rideau.

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Fairy tale heart (site web)De Philip Ridley
Mise en Scène de Nicolas Guilleminot, assisté de Laura Mirthil
Avec Lou Wenzel, Tony Incandella
Scénographie : Myriam Dogbe
Costumes : Karine Serrano
Jusqu’au 13 février
Du mardi au samedi à 20h
Réservations : 08 92 70 12 28
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1 Commentaire »

  1. emilie a dit:

    Une belle critique qui donne envie d’aller voir ce spectacle au parfum aigre-doux.

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