Michel Aumont et Michel Duchaussoy incarnent avec toute leur expérience et sensibilité, David et Edward. Ces deux hommes, au soir de leur vie, ne se sont jamais rencontrés en 50 ans, mais ils ont aimé la même femme. La même, vraiment ?
David pleure sa femme décédée, après 50 ans de vie commune. Un homme, Edward s’approche discrètement de la tombe toute fraîche, des fleurs à la main. David ne sait pas qui est cet homme qui manifestement n’a aucune idée des rites juifs. En plus il se présente comme un ami de sa défunte femme. David est méfiant, presque agressif. Mais Edward insiste, insiste beaucoup pour revoir David et lui parler. Il veut le connaître, et même le prie d’être son ami. David, malgré sa défiance, curieux de savoir quelle « amie » sa femme a été pour Edward, accepte.

Après le temps de deuil rituel, David retrouve Edward dans un jardin public. Autour d’un pique-nique favori de David, concocté par Edward pour lui être agréable et aussi l’amadouer, la discussion s’engage, se rompt, au rythme des whiskies avalés par les deux hommes et des révélations de chacun. Ils vont petit à petit se dévoiler. Ils vont chacun évoquer la femme de l’un et l’amour de jeunesse de l’autre, de façon très différente et même opposée.

Complicité naissante
C’est l’histoire de leurs vies qui défile pour David et Edward. Une histoire faite de regrets, d’amertume parfois, de petits bonheurs et de rendez-vous manqués. Mais ce sont leurs vies. Des vies qui ressemblent un peu aux nôtres. Les gens se rencontrent, s’aiment, se marient, se séparent, se revoient, s’idéalisent, rêvent, travaillent, imaginent. Ils vivent. Les deux comédiens, anciens sociétaires du français, mettent leur complicité d’acteurs, la finesse de leur jeu, leur « vécu » de septuagénaires au service de leurs rôles. Les répliques de Lionel Goldstein semblent écrites pour eux. Michel Duchaussoy et Michel Aumont donne de la chair, de l’humanité à des personnages bien ciselés. On ne peut que les accompagner dans le récit des existences de leurs personnages. On les croit, ils sont. Que ce soit pour parler d’amour de jeunesse, conjugal ou filial, des aléas de la vie ou des désagréments que cause l’avancée de la vieillesse sur leurs corps d’homme, ils sont ces vieux qui vont finir par s’apprécier sans se l’avouer. Les répliques sont justes, pleine d’amour et d’émotion, de vie. Le public quitte les personnages avec regret mais applaudit avec enthousiasme et reconnaissance les comédiens complices.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] David et Edward
De Lionel Goldstein
Mise en scène Marcel Bluwal
Avec Michel Aumont et Michel Duchaussoy
A partir du 19 janvier
Du mardi au vendredi à 21h, samedi à 18h30, 21h, dimanche 15h30
Théâtre de l’œuvre
55 rue de Clichy 75009
Réservations : 01 44 53 88 88
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