“L’homme est un animal raisonnable” nous dit Aristote. Dans le nouveau spectacle d’Igor et Lily du Théâtre Dromesko, l’homme est un animal malade.
Son cœur, qui ne bat plus que pour lui-même depuis que l’amour a fui, s’agite cruellement en se tordant de solitude, s’accroche au monde, l’entraîne dans sa folie.
Dans un déluge de poésie, de rêve et d’humour, “Arrêtez le monde, je voudrais descendre” est un spectacle d’images étranges où tout de ce qui se dit et se joue révèle une part tragique de nous même : le monde brûle et nous sommes incapables de crier.
Comme des animaux. Nous suivons. Comme des animaux. Nous obéissons. Comme des animaux. Nous vivons. Dans une salle d’attente, des personnages – femmes, hommes, jeune ou vieillard – accompagnés de leur animal de compagnie, patientent. Docteur Dieu, régisseur du monde, entre. La salle se vide peu à peu. Ne restent qu’un vieil homme et une vieille femme qui, en attendant que Dieu les appelle, se racontent des histoires.
Dans leur dos, sur la grande scène du monde, d’autres histoires sans parole, des musiques, des danses, des chants tourbillonnent. Un ange passe. Plus loin, des amants s’évaporent. Une poubelle marche. Des trophées de chasse. Un hôpital malade. Plus loin encore, une femme est dépecée. Un manège tourne, sans joie. Finalement, le monde s’endort dans l’horreur et meurt. Puis tout recommence.
Un théâtre forain
Tout recommence ? La réponse nous appartient. L’homme a le pouvoir d’inventer et de vivre une histoire nouvelle, moins tragique et plus fraternelle. C’est ce que nous dit ce théâtre. C’est ce que nous crie le Théâtre depuis son origine.
Sous un chapiteau entouré de hauts gradins, le spectateur prend place. En avant scène, une petite table et des petites chaises rouges sont disposées au bord du sol pour accueillir les mots sérieux de Bourdieu, drôles de Dubillard. Au centre de la scène, une coquille – plateau tournant de bois et de fer – ouvre ses paupières et nous donne à voir un univers dérisoire et cruel, absurde et sensuel. Au fond, des tentures blanches encadrent une fresque géante de visages hallucinés, effarés.
En convoquant la danse, le chant et la musique tzigane, la mise en scène apporte légèreté et beauté à un propos sans concession, anticonformiste et libre.
La troupe, douze homo sapiens et leurs animaux ( chiens, chèvre, cochon, poule, âne, poisson rouge, marabout), exécutent avec énergie et talent une partition exigeante, minutieuse, surréaliste dans un décor réaliste, souvent poétique.
Le monde tourne mal ? Le théâtre Dromesko est une Arche de Noé, festive et colorée, sur lequel nous vous invitons à embarquer.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Arrêtez le monde, je voudrais descendre (site web)
par le Théâtre Dromesko
Conception, mise en scène et scénographie d’Igor et Lily
Avec Violeta Todo-Gonzalez, Jean-Marc Stélhé, Lily,
Monique Brun, Baptiste Blegbo, Zina, Louis Yerly, Igor
Sandor Berki, Jenö Sorös, Janos Sandor, Revaz Matchabeli
Jusqu’au 06 mars 2010
Du mardi au samedi à 20h30
Théâtre Sylvia Montfort
Parc Georges Brassens – 106, rue Brancion
75015 Paris
Réservations : 01 56 08 33 88
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Merci pour ce bel article sur Arrêtez le Monde, je voudrais descendre au Monfort Théâtre…Michèle