Faisant reposer son questionnement sur le mythe éternel d’Eros et Thanatos, Valérie Dontenwille propose actuellement au Ciné 13 Théâtre une réflexion drôle et dérangeante sur l’amour et sur ce mouvement de création/destruction inhérent à l’être humain.

Sur scène, trois personnages : une femme (désespérément) seule et un jeune couple dont nous sommes amenés à suivre l’histoire depuis la saison des papillons dans le ventre jusqu’à l’heure des larmes amères. Par sa logorrhée, la femme seule laisse transparaître ses tendances sociopathes. Cherchant son épanouissement dans les règles qu’elle s’oblige à suivre, elle se gargarise des repères qui sont siens : se lever grâce à un Guronsan et s’endormir grâce à un Tranxen.
De l’autre côté, le jeune couple se dévoile, se construit puis se déconstruit sous nos yeux. Tandis que le jeune amoureux, artiste de son état, part à la dérive guidé par son hypersensibilité et son égo surdimensionné ; sa muse, victime du « syndrome de la groupie du pianiste », ne veut pas voir qu’il est temps de partir. Alors qu’en fond, des séries de photographies représentent la femme dans ce qu’elle a de plus fragile, les personnages invitent à s’interroger sur les notions de violence et de création.

Créer pour détruire ?
La création de Valérie Dontenwille nous parle du lien ténu qui existe entre création et destruction. Partant de la notion de violence, les axes de réflexion sont profonds et interrogent sur la place de l’ego dans le processus de création. L’auteure questionne notamment sur l’incapacité à la compromission avec le quotidien qu’induit une trop grande sensibilité. Elle évoque le lien parfois douloureux qui unit l’artiste à sa muse, entre la violence de la création et la violence des sentiments.
Féministe, la pièce met également en scène la violence conjugale et insiste sur ces blessures psychiques qui subsistent après que les blessures physiques ont disparues.

Alors que le mélange de photographies, de peintures, de chorégraphies et d’animations vidéo prolonge le questionnement de l’auteure sur la notion de création, les photographies d’Eric Raffin, d’une beauté dérangeante, interrogent délicatement sur la notion de femme-objet. Le résultat est une pièce intelligente, réussissant à allier violence et divertissement.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Aime/ Moi (site web)
De et par Valérie Dontenwille
Avec Laura Couturier, Laurent Grappe, Anne Lemoel
Les lundi 15 février 2010 et lundi 22 février 2010 à 20h

Ciné 13 Théâtre
1 avenue Junot, 75018, Paris
Réservations : 01 42 54 15 12
Puis au Funambule du lundi au mercredi à 20h, du 8 au 31 mars 2010.
www.funambule-montmartre.com
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