Ambiance cabaret pour une odyssée musicale à la recherche d’une définition du mot “désir”. 18 chansons qui traversent les âges et les méandres du désir, promenant le spectateur dans les allées du désir bestial, pur et amoureux, puis l’entraînant dans les ruelles sombres du désir charnel, payé, vicié et parfois mortel.
Au détour d’une rue pavée défraîchie du Berlin des années 20, Orlando, un être onirique et atypique, mi-homme mi-femme, retrace le parcours de ses émotions vécues, à la recherche de ses désirs profonds qui l’ont construit en tant qu’être humain. Articulé sous forme de quatre tableaux distincts entrecoupés de mini-monologues, le spectacle exprime les affres du désir en tout genre à travers des chansons réarrangées façon cabaret. Des titres de Kurt Weill, Friedrich Hollaender, Cole Porter, Boris Vian, Jacques Prévert côtoient ceux de Madonna, Tom Jones et The Four Preps, entrecoupées de quelques numéros pyrotechniques sensuels.
Laissant rapidement tomber sa condition d’animal, poussé par un désir irréfléchi et sauvage – Orlando fait son entrée déguisé en gorille lançant des bananes, accompagné d’une sublime créature – il se tourne vers ses premiers émois, où le cœur s’emballe vers l’inconnu. Le grand frisson de l’amour éphémère, celui qu’Orlando espère voir durer sans y parvenir. L’illusion perdue d’un marin qui voit ses conquêtes d’un soir défiler au fil des ports sans jamais s’attacher. “Aimer, c’est se mettre à nu”, dit-il. Mais c’est aussi mourir d’aimer, souffrir à en mourir, ou tant d’autres expressions dans lesquelles l’amour flirte avec la mort. Celle-ci est décrite comme un couple qui se délite par ennui et par manque de désir. Se dévoile alors le désir sensuel et sexuel du plaisir monnayé, où le culte de l’argent et du vice emplit les cabarets glauques et sinistres du côté de l’Alexanderplatz berlinoise. Entre vice et caprices – parfois SM – Orlando finit par redevenir un être entier, qui entremêle sa part féminine et sa part masculine afin de construire un désir fondé sur l’espoir et l’envie d’aimer, pour être libre tout simplement.
Du désir personnifié
Originale et rythmée, cette pièce musicale entre piano et accordéon nous embarque dans un voyage au plus profond de nos sentiments indicibles, et où les textes ne peuvent laisser indifférents. De sa voix chaude et enjôleuse, Orlando porte avec brio ce personnage androgyne loufoque, extravagant et impertinent, aux tenues toutes plus audacieuses les unes que les autres. Tour à tour, capitaine au long cours, diva de strass et plumes, entraîneuse, la Mort, fille de petite vertu et panthère aux griffes acérées, les clins d’œil artistiques sont nombreux. Inspiré par le tableau d’un peintre allemand Otto Dix, son personnage rend hommage à des personnalités bien trempées, parfois controversées ou critiquées telles que Marlène Dietrich, Joséphine Baker, Liza Minelli, Prince, Grace Jones… Accompagné de musiciens remarquables, tant du point de vue technique que de leur présence scénique (avec une mention spéciale aux chœurs chantés par le pianiste Jan Stümke), la magie fonctionne entre Swing, Foxtrot, Charleston et balades bluezy. Que du plaisir, du cœur jusqu’au bout des doigts de pieds, qui à coup sûr ne manqueront pas de battre la mesure du début à la fin.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Rue du Désir (site web)
Textes : Chritophe Botti
Piano : Jan Stümke
Accordéon : Johanne Riche
Percussions : Bago
La femme fatale : Juliette Dragon
Mise en Scène : Orlando assisté de Rénato Ribeiro
Date : jusqu’au 31 janvier
Horaires : du mercredi au samedi à 21h15 et le dimanche à 19h
Théâtre : Reine Blanche – 2 passage Ruelle 75018 Paris
Réservations : 01 40 05 06 96
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