Telle serait la devise de l’homme ou encore mieux, la religion de l’humanité. A l’heure où les préceptes religieux suscitent des polémiques au sein des sociétés dites laïques, Catherine Anne, auteur et metteur et en scène de la pièce, souligne à quel point la religion peut être source de déséquilibre.

Le ciel est pour tous nous présente une famille laïque prise avec la question de la foi, ballotée entre le respect de la laïcité et le respect de la religion. Le père d’origine musulmane, la mère d’origine catholique, la fille et le fils, deux jeunes adultes d’une vingtaine d’années, et la sœur de la mère (résolument athée). Le père des deux femmes vient de mourir, les laissant orphelines. Contre toute attente, la mère décide d’organiser une cérémonie religieuse à l’église pour son père qui était aussi athée, ce qui provoque de vives réactions à l‘intérieur du groupe familial. Dans le même temps, la fille entreprend d’écrire un texte inspiré par l’affaire Calas, une affaire qui se confond tout au long de la pièce avec l’histoire de cette famille.
13 octobre 1761. Jean Calas est accusé d’avoir tué son fils, retrouvé mort étranglé dans la maison familiale. Confondu par l’enquêteur, il revient sur son témoignage et avoue qu’il a en réalité dépendu son fils pour cacher un suicide qui l’aurait empêché d’être enterré religieusement. Mais les Calas sont protestants et une rumeur grandit: Le fils aurait eu le désir de se convertir au catholicisme et son père l’aurait assassiné. Jean Calas est alors condamné par le Parlement et exécuté le 10 mars 1762.

©-Bellamy

©-Bellamy

Un discours antireligieux
Quel est le sens de la religion ? Faut-il croire en Dieu ? Comment exprimer sa foi ?
Un espace large, un ciel qui tombe, des acteurs convaincants, trois ingrédients suffisants pour affronter la question de la pensée religieuse. La religion, cette relation avec Dieu qui devrait relever de l’intimité au lieu d’être exclusivement au service de la collectivité. Au fil de la pièce, l’auteur soulève les paradoxes de la religion en remettant en question avec nuance, ses différents rôles à travers une famille dans laquelle l’appartenance religieuse se limite aux origines, à un signe particulier. Ici, la religion (représentée par les pouvoirs religieux) qui est censée créer une harmonie entre le corps et l’esprit, conditionne les hommes, guide vers le fanatisme, tue au nom de l’amour. « Les forces de l’ordre » religieuses sèment le désordre au sein de l’esprit, de la famille, de la société. Croire en Dieu parce que l’on a besoin de croire en quelque chose n’est pas une fatalité. L’essentiel est de trouver l’équilibre et de se sentir libre tout en respectant autrui…au nom de la laïcité.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Le ciel est pour tous (site web)
Auteur et metteur et scène : Catherine Anne
Avec Jean-Baptiste Anoumon, Denis Ardant, Thierry Belnet, Azize Kabouche, Fabienne Luchetti, Stéphanie Rongeot, Marianne Téton
Du 15 au 28 janvier et du 9 au 19 février à 19h30 ou 20h30 (selon les jours)
Tarifs : 23 euros Habitant du 20e, + 60 ans :16 euros moins de 15 ans et Rmistes : 8,50 euros
Demandeurs d’emplois, adulte accompagnant des étudiants, groupe dès 8 personnes : 11 euros

Théâtre de l’Est parisien
159, avenue Gambetta, Paris 20ème
Réservations : 01.43.64.80.80
[/slider]