Une diva à Sarcelles

Une diva à Sarcelles

Une Diva divine

Quand l’Opéra donne la main au comique et au théâtre…

Pierrette Michon alias Petra Michkolskaia se persuade d’être une diva dans son HLM de 17 étages situé à Sarcelles. Dévorée par sa passion dévorante, elle joue de concerts tous les jours dans son salon. Accompagnée de son pianiste, elle pousse la chansonnette jusqu’à assourdir ses voisins. Elle est aidée de son concierge, René Larceneur, dans sa vie quotidienne pour lui éviter les écueils. Mais René doit partir car remplacer par un digicode. Qu’adviendra-t-il de Pierrette, pardon, de Petra ? Est-ce la fin de la Diva ?

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Opéra comique
Le décor est un intérieur avec une vue plongeante sur une salle de séjour et une bibliothèque remplie de médicaments et de bouteilles d’alcool. Côté court se trouve un piano derrière lequel se glisse Jozef Kapustka. La pièce est à plusieurs entrées. Le thème principal est la passion destructrice que rien ne console. Notre soprano s’enrôle dans une mythomanie où elle se persuade que dans son salon le public est présent. Ainsi, l’auteure et metteure en scène, Virginie Lemoine, fait intervenir le réel dans la fiction avec un public présent dans la salle attenant au salon.

Elle fait aussi voler en éclat les préjugés que l’on peut avoir sur le côté fastueux de l’Opéra. Nous voici face à une soprano criblée de dettes et assignée en référé par un juge pour le non paiement de ses loyers. La pièce peut être aussi une critique voilée contre la difficulté que peut rencontrer tout intermittent du spectacle, à savoir ici une soprano, à assurer son avenir.

Brigitte Faure, dans le rôle de la soprano, déploie un jeu théâtral de grande tenue avec une tessiture de voix chaude et étendue. Elle arrive à combiner avec succès une maîtrise vocale et un jeu théâtral relevé. Le pianiste Jozef Kapustka, discret et efficace, combine lui aussi son talent de musicien avec une prestation théâtrale plus qu’honorable. Il plante un personnage presque froid en décalage avec celui de Pierrette Michon extravagante et fantasque. La prestation de Michel Tavernier, dans le rôle de René Larceneur, manque un peu de profondeur. Le comédien est resté quelque peu en retrait de son personnage.

La pièce est joliment ponctuée de pieds de nez et de répliques comiques avec des moments de tendresse. D’un point de vue artistique, la pièce fait cohabiter avec harmonie et entrain musique, Opéra et théâtre. Elle est écrite avec rythme. Sans verser dans l’excès, l’humour est distillé tout au long de celle-ci.

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Une diva à Sarcelles (site web)
Ecrit et mise en scène par Virginie Lemoine
Avec Brigitte Faure, Michel Tavernier, Marie Chevalot, Jozef Kapustka
Décors Grégoire Lemoine et Benoït Afnaïm
Lumières Robert Catenacci
Costumes Christine Chauvey et Virginie Lemoine
Bande son Daniel Valdenaire
Accessoires Lou Guérin et Xavier Potier
A partir du 25 novembre 2009
Du lundi au vendredi à 21h, le samedi à 17h

Théâtre de la Huchette
23, rue de la Huchette, 75005 Paris
Réservations : 01 43 26 38 99

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2 Commentaires »

  1. Ben a dit:

    Ca donne envie!!

    Sinon, et là c’est le juriste qui parle et non plus le critique theatrorama, un juge ne peut assigner en référé…on est assigné en référé par le propriétaire par exemple (devant le juge) mais pas par le juge :-)

    Le droit est bien moins fun que le théatre j’en conviens!!! ;-)

    Ben

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  2. Phillunéville a dit:

    Merci pour l’excellente soirée passée en compagnie de Petra.
    Qui dit que M. Larceneur manque de profondeur? Il est très juste, tout en pudeur et en passion retenue, touchant et drôle comme le clown blanc…
    Mille bravo aux quatre comédiens-musiciens ou musiciens-comédiens: La Diva est divine, le pianiste impressionnant, la psy complètement psy (c’est peu de le dire!), Le René (non pas celui de Céline!) est parfait.
    Rire aux larmes, larmes déguisées en rire: Beaucoup d’émotions en tout cas.
    Bravo, merci encore: Vous êtes superbes!

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