En proie à des difficultés financières, Sir John Falstaff décide de faire la cour à deux bourgeoises de Windsor, Dame Page et Dame Ford.

Le manque d’argent encourage Falstaff à courtiser deux bourgeoises de Windsor à qui il envoie la même lettre d’amour, ne changeant que la signature. Amies et confidentes, Dame Page et Dame Ford, découvrent la manœuvre et décident de s’amuser aux dépens du gros séducteur maladroit. Dès lors, les deux commères échafaudent des scénarii toujours plus embarrassants pour Falstaff qui, poursuivi par Maître Ford, complice des deux femmes, se retrouve au fond d’un panier à linge que les serviteurs déversent dans la Tamise ou déguisés en femme pour échapper à la colère d’un mari jaloux. L’amusement devient paroxystique lorsque les deux commères expliquent la situation à leur mari et que tous décident de se jouer une dernière fois de Falstaff. Déguisé en fantôme afin de ne pas être reconnu, Falstaff se rend à un rendez-vous nocturne dans la forêt de Windsor où, fées et lutins, mènent la danse.

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Une comédie bruyante
Un classique mineur du répertoire shakespearien certes, mais remarquablement bien traduit par Jean-Michel Déprats et Jean-Pierre Richard qui ont restitué toute la complexité du texte, qui repose sur la diversité des langues utilisés, avec un rythme et une audace à faire pâlir plus d’une européen. Car à Windsor, on parle gallois, italien, allemand, irlandais, espagnol et les jeux de mots sont lâchés comme une salve d’artillerie dès lors que les personnages entrent en scène. Les deux traducteurs de la pièce ont collaboré avec l’équipe artistique afin de proposer une langue se situant au plus proche de ses contemporains et d’une mise en scène très théâtrale. L’espagnol Andrès Lima fait basculer la troupe de la Comédie Française dans un univers baroque, parfois un peu indigeste, mais qui trouve une issue heureuse et lumineuse à la fin de la pièce lorsque les personnages se retrouvent dans la forêt de Windsor, entourés des fées et lutins à paillettes. Une mise en scène ambitieuse dans laquelle les mots sont à l’honneur, plante le décor d’un théâtre dans le théâtre où l’on trinque au rythme d’un univers musical assez singulier.

De Purcell aux Rolling Stones, en passant par Verdi, les clins d’œil sont nombreux et contribuent largement à faire des « Joyeuses commères » une pièce pendant laquelle on ne risque pas de s’ennuyer. Et pourtant, malgré le bruit de la taverne, depuis laquelle Falstaff raconte l’histoire des joyeuses commères de Windsor, comme le voulait Shakespeare, la dimension clownesque du jeu des comédiens devient vite redondante et les clins d’œil trop prévisibles. L’esprit du jeu et de la représentation est bien là, mais il manque de vraisemblance et l’ensemble tourne vite à une comédie de boulevard dans laquelle les portes claquent et les amants se cachent dans les placards.

Beaucoup de bruits qui couvrent la voix des comédiens dont on devine souvent les intentions grâce à la précision de leur interprétation. Bruno Raffaelli incarne un Falstaff poussif et laborieux, et les commères, Cécile Brune et Catherine Sauval ne sont guère plus convaincantes. Loïc Corbery, aérien et imprévisible, s’amuse d’un rien en jouant avec son personnage de comédie. Catherine Hiegel interprète une madame Pétule, drôle, fine, intelligente et au caractère bien trempé, sans doute est-ce à cause de cette qualité qui la caractérise dans la vie, que la doyenne a été remerciée il y a quelques jours par le comité du Français ! Une mise en scène qui peine donc à optimiser tout le potentiel d’une troupe d’exception mais qui ne laisse pas le spectateur en reste. Le public rit, haut et fort, en entendant ce festival de mots et en s’amusant de tous les impromptus des comédiens.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Le joyeuses commères de Windsor (site web)
De William Shakespeare
Texte français traduit par Jean-Michel Déprats et Jean-Pierre Richard
Mise en scène Andrès Lima
Scénographie Beatriz San Juan
Costumes Renato Bianchi
Lumières Dominique Borrini
Adaptations et musique originale Vincent Leterme
Réalisation sonore Laurent Ménard
Maquillages et coiffures Cécile Kretschmar
Avec Catherine Hiegel, Catherine Sauval, Thierry Hancisse, Andrzej Seweryn, Cécile Brune, Bruno Raffaelli, Christian Blanc, Alexandre Pavloff, Céline Samie, Pierre Vial, Christian Cloarec, Bakary Sangaré, Loïc Corbery, Pierre-Louis Calixte, Serge Bagdassarian, Benjamin Jungers, Stéphane Varupenne, Christian Hecq, Georgia Scalliet

Du 5 décembre 2009 au 2 mai 2010

Comédie Française
Place Colette
75001 Paris
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