Laurent Ban démasqué

Laurent Ban démasqué

Il interprète un Zorro enflammé aux Folies Bergère et est devenu une figure montante des comédies musicales parisiennes… Laurent Ban signe son interview à la pointe de l’épée…

Quel est votre parcours ?
« A la base, je suis graphiste. Si j’ai changé de voie, c’est parce que ce travail est très solitaire. Il n’ y a de contact avec le public qu’au moment du rendu et des expositions. Lorsque j’ai découvert la scène, à l’âge de 17 ans, en faisant un spectacle, en Lorraine, au lycée où j’étais, je me suis rendu compte que c’était ma voie. Pour ce spectacle, il fallait trouver des gens capables de chanter : on m’a demandé d’auditionner. C’était la première fois. J’ai interprété un morceau de Starmania – c’était le thème du spectacle -, et un manager m’a vu. Il voulait me faire travailler pour des groupes de la région. J’ai dit oui. En parallèle, j’ai pris des cours de théâtre au conservatoire d’art dramatique de Nancy. Je n’ai jamais pris de cours de chant : ma formation s’est faite d’instinct, sur le tas. Et maintenant, cela fait 15 ans que ça dure. J’aime la scène. Je ressens une telle adrénaline quand je joue… Il a un échange direct avec public, c’est comme une drogue. Ensuite, je suis monté à Paris, pour aller plus loin. J’ai passé une première audition le jour de mon anniversaire, que j’ai réussie. Joli cadeau ! Et tout s’est enchaîné assez rapidement. Je suis parti deux ans en tournée, j’ai vécu en Italie, où j’ai appris la langue. Puis il y a eu Notre Dame de Paris, Le Petit Prince, et aujourd’hui Zorro. »

Qu’est-ce qui vous a plu justement dans le spectacle de Zorro ?
« J’avais très envie de travailler avec Stage Entertainment. Ce sont eux qui ont monté Le Roi Lion, que j’avais vu. Leur sens de la rigueur mêlé à cette incroyable créativité émotionnelle m’intéressait particulièrement. »

Quels sont les rapports que vous entretenez avec le metteur en scène? Comment s’est passé le travail ?
« Le metteur en scène nous a demandé de proposer des choses. Il fallait trouver, dans chaque facette du personnage, un personnage différent. Il a beaucoup travaillé à partir de nos sensibilités particulières. “Que sens-tu pour ton personnage à ce moment là ?”, nous demandait-il sans cesse. Il nous présentait la scène, nous indiquait ce qui se passait à ce moment précis du spectacle, puis on cherchait ensemble. Le livret a même été réécrit au fur et à mesure des répétitions, pour qu’il coïncide au mieux avec nos personnalités. Nous avons passé une semaine entière sur le texte lui-même. Chaque scène a été réadaptée plusieurs fois afin d’apparaître comme la plus juste possible. Le travail avec les musiciens n’est arrivé que très tard, une fois que toute la structure était déjà en place. »

Comment choisissez-vous un rôle ?
« Quand des auditions sont lancées, je vois ce qui peut m’intéresser réellement, ce qui est susceptible de me toucher profondément. Je ne fais pas ce métier pour la sécurité. Ce qui compte, c’est le plaisir. Je ne choisis pas forcément les grosses productions : mon désir s’oriente avant tout vers des projets, des aventures humaines et artistiques. »

Brinkhoff / Mögenburg ©

Brinkhoff / Mögenburg ©

Avez-vous un rôle que vous souhaiteriez jouer ?
« Je suis vraiment axé sur la création. Je préfère créer un rôle plutôt que de reprendre un standard. Mais si je devais choisir un personnage en particulier, je crois que ce serait Sigismond dans La vie est un songe de Caldéron. Ce rôle m’intéresse vraiment parce qu’il met en scène un personnage très complexe. Sigismond possède énormément de facettes que j’aimerais explorer. A travers un tel personnage, on peut se confronter à des émotions réellement extrêmes. Sinon sur la liste de mes projets, celui qui intervient en premier concerne un spectacle que je suis en train d’écrire sur mon père. Je ne suis pas sûr, d’ailleurs, d’avoir envie d’interpréter le rôle. Ce que je veux ici, c’est avant tout raconter son histoire. Mon père est mort il y a 5 ans. Il a vécu deuxième guerre mondiale à Budapest et est arrivé à Paris en 1956. Son histoire rejoint celle de son pays natal, la Hongrie. C’est un homme qui a eu un destin dramatique, très fort. Et en même temps, toute sa vie, il a conservé un regard distant par rapport aux événements qui l’accablaient. En Hongrie, il existe un poète, Petöfi, qui, dans ses textes, traduit bien ce recul humoristique face aux circonstances les plus tragiques. C’est, à mon sens, cette distance, qui permet de traverser les difficultés, tout en prenant du plaisir à chaque instant de sa vie. C’est grâce à elle, finalement, qu’on peut véritablement avancer. »

Qui sont ceux qui vous inspirent?
« Saint-Exupéry. Je me répète souvent une de ses phrase : “Ce qui compte ce n’est pas le but mais le chemin pour y parvenir”. Cette citation me guide jour après jour. Au fond, je crois que ma démarche artistique trouve son fondement dans une quête personnelle et philosophique. Mon enfance n’a pas été évidente. Je pense qu’à travers l’art, je cherche à comprendre mon histoire et ce qui m’arrive. Mais si je suis un comédien et un chanteur, c’est également parce que j’éprouve le besoin d’exciter mes sens. J’aime voyager pour prendre du recul sur les choses. Au fond, mon désir est assez commun. Comme tout un chacun, je suis en quête de bonheur. Seulement, je crois avoir compris que je ne pourrai jamais atteindre le bonheur, si je ne prends pas conscience qu’il est déjà là, à portée de main, ici et maintenant. Si j’attends un moment précis pour être heureux, je ne le serai jamais. Il faut arrêter de se projeter sans cesse dans l’avenir et veiller plutôt à profiter du moment présent. Au fond, je crois que je suis un épicurien dans l’âme. Or la scène fait partie de ça, de cette envie d’explorer le présent en faisant des choses que, moi-même, je n’oserai certainement pas faire tout seul. »

Comment se dessine l’avenir proche ?
Je pense qu’il va d’abord y avoir Zorro. Le spectacle est bien parti pour durer. Et, bien sûr, c’est là ma priorité. Ensuite, je souhaite mettre en oeuvre le projet sur mon père. J’aimerais aussi me consacrer à un autre projet que j’ai adapté d’une nouvelle de Marc Twain, qui sera interprété par Chiara Di Bari et Grégory Baquet, et mis en scène par Hervé Devolder. Il s’agit d’une pièce intitulée Le journal d’Adam et Eve. C’est un texte sur les rapports hommes-femmes, visant à mettre en valeur le sexe opposé dans le regard de l’autre. J’ai déjà écrit plusieurs pièces, dont un spectacle joué au Lucernaire, qui a reçu le prix d’adaptation 2009. Il s’agissait d’un spectacle autour de la vie de Marlène Dietrich, ou plutôt du personnage de Queens, qui aurait remplacé Marlène D. à la fin de sa carrière. J’avais vu le spectacle en Italie et le texte m’avait bouleversé. J’ai alors rencontré l’auteur italien,Riccardo Castgnari ; puis j’ai eu envie d’en écrire une version en Français. Aidé par Chiaria Di bari, j’ai adapté la pièce. Le Lucernaire, à l’époque, cherchait un spectacle. Je cherchais un théâtre. »

Zorro aux Folies Bergère
L’article de Théâtrorama
site web

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1 Commentaire »

  1. vivi8815 a dit:

    Bonjours,je vous admire beaucoup car je vous est déja vue sur Epinal et j’adore vos musique

    comment-bottom

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