Féministe engagée et convaincue, Simone de Beauvoir vit une relation passionnée avec l’écrivain américain Nelson Algren, au moment où elle rédige le « Deuxième sexe ».
Les hommes gèrent le monde et la femme succombe à la tentation de se consacrer entièrement à son mariage. Douloureuse réalité sociale contre laquelle Simone de Beauvoir s’insurge lorsqu’elle rédige le texte fondateur de la pensée féministe du XXe siècle. L’égalité des deux sexes offrirait-elle plus de liberté à l’un et à l’autre ? Simone pose la question de l’existence d’une identité féminine, ce dont elle fait part à cet écrivain atypique avec lequel elle entretient une brûlante relation épistolaire. Les mille et une nuits de Saint-Germain des Prés revivent dans ses correspondances tout comme le désir d’une femme dont l’engagement demeure entier. Ses nombreuses lectures, ses voyages, son dévouement pour Sartre, ses observations irritantes sur les sociétés qu’elle fréquente, ses opinions sur l’idéologie Gaulliste constituent la trame d’une ballade riche, fine et sensible.
En voiture Simone
« Passeurs » d’une parole révolutionnaire avec un ton très contemporain, la mise en abîme est exceptionnelle et délicieusement heureuse. La scénographie met en transparence la juxtaposition de deux époques résolument proches à l’aide d’un rideau tissé de fil blanc que les actrices traversent comme un miroir. Les coulisses du désir sont mises à nu et offertes au public qui participe d’une complicité rieuse aux commentaires des deux femmes qui échafaudent toute une réflexion sur l’équilibre des deux sexes. Un jeu de lumières, conçu par Olivier Vallet, obscurcit ou éclaire le discours de deux générations, de ceux qui ont lu ou n’ont pas lu Simone.
Une ballade heureuse, rythmée et en chansons, interprétées par deux talentueuses comédiennes qui portent en gloire le trophée du féminisme avec humour, spontanéité et fraîcheur. La voix d’Odja Llorca révèle les fêlures d’une sensibilité exacerbée, qui s’engage avec toujours autant de générosité dans les rôles qu’elle interprète. Coiffée à la garçonne et habillée comme une rebelle, son image contraste avec celle très élégante et féminine de Michelle Brûlé, délicieuse dans son rôle de femme sérieuse, ironique et musicienne. Son accordéon accompagne les chansons qu’interprète Odja Llorca et de Boris Vian à Juliette Gréco, la ballade est toujours heureuse d’un sexe à l’autre.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] La ballade de Simone (site web)
Adaptation de Michelle Brûlé
Mise en scène de Nadine Darmon
Scénographie Denis Malbos
Lumières Olivier Vallet
Avec Michelle Brûlé et Odja Llorca
Jusqu’au 23 janvier 2010
Du mardi au samedi à 21h
Théâtre du Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris
Réservations : 01 45 44 57 34[/slider]












Pas de commentaire pour l'instant