Chaise, fauteuil, canapé sont des mots usuels sur lesquels on peut s’asseoir en pensant à autre chose, alors que le mot « sexe » ne laisse pas insensible !

Ne pas avoir de trou, se perdre dans le trou ou en disposer aisément toute est une question de profondeur. Mais le corps répond, guidé par le désir, à une mécanique dont se saisissent un homme et une femme, jusqu’à l’épuisement. L’attraction des corps répond à une loi physique mais aussi à une logique onirique et pulsionnelle. L’un dans l’autre, l’un sur l’autre, l’un sous l’autre, l’un sur l’autre, les affrontements sont nombreux pour débattre de la question du sexe, un phénomène si naturel et qui pourtant, questionne toujours autant. Des interrogations sans fin, gravitent autour du sexe et de la sexualité où se mêlent étrangement le prosaïsme et l’infini. Entourés de mécanismes toujours en mouvement, dès lors que le désir s’accroît, un homme et une femme se rencontrent, s’affrontent, se pénètrent, se confient, s’abandonnent, se pourfendent, se raillent jusqu’à ce que leurs forces les abandonnent.

Le sexe, une mécanique bien huilée

Crédit photo Mario del Curto

Crédit photo Mario del Curto

Pierre Meunier s’affranchit de son tas, de ses passations minérales et de ses ressorts, pour aborder la question du sexe et de l’amour dans un mouvement perpétuel qui se fait l’écho de cette troublante interrogation. Abordant la chose la plus naturelle du monde avec bruits et fracas, l’auteur met en agitation, l’attraction des corps soumis au diktat du désir et de l’inénarrable expédition de l’un vers l’autre. Une savante machinerie fait résonner ce qui tient à la fois de l’énigme, de l’imaginaire et du récit impossible. Le capitaine au long cours, battu par le bruit métallique des vagues déchaînées, se libère pour secourir une jeune femme, de sa douloureuse mise à mort. Contenue dans un nacelle de plastique, le corps de Nadège Prugnard se débat puis chute pour toujours mieux remonter à la surface qu’elle n’atteindra qu’avec l’aide de Pierre Meunier. Sauvée des eaux, la jeune femme chausse les talons de la détermination pour parcourir un plateau aux rouages complexes et métaphoriques. Evitant, puis fendant la contrainte du temps, le couple se meut dans un univers mécanique dont chaque boulon devient une zone érogène en devenir.

Comme les bâtisseurs de cathédrale, Pierre Meunier se laisse happer par le mouvement rotatif d’une cage à écureuil qui l’aidera à poser les pierres d’un édifice largement en construction auquel, la jeune femme participera elle aussi. L’amour se construit mais en dépit de solides fondations, la fragilité des corps et leur attraction retentit comme une imminente déflagration. Suspendue au dessus de la scène, les jambes écartées, le con offert au plaisir abondant, Nadège Prugnard répand les sécrétions du plaisir sur le visage ravi de Pierre Meunier qui lui répond par l’entremise d’une mécanique dont les déjections séminales peinent à s’échapper. Le plaisir semble extatique au moment où les affrontements reprennent pour tenter d’exposer l’affolement de la pensée lorsqu’elle s’efforce de cerner ce qui la dépasse. Nadège Prugnard, prend des risques mais toujours sur le fil de la confiance avec Pierre Meunier, athlétique et réfléchi. Tous deux incarnent des entités proches avec sincérité et engagement.
Ce spectacle, sonore, physique et métallique pose les questions essentielles de notre rapport au sexe, à l’amour et à la guerre.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] SexAmor (site web)
Projet de Pierre Meunier
Texte et jeu Pierre Meunier et Nadège Prugnard
Son Alain Mahé, Géraldine Foucault
Costumes Christine Thépénier
Peinture Catherine Rankl, Eric Gazille
Régie générale, lumière Jean-Marc Sabat
Construction des décors Joël Perrin, Denis Wenger
Avec Pierre Meunier et Nadège Prugnard

Du 2 au 28 novembre 2009
Du lundi au samedi à 21h, dimanche à 17h

Théâtre de la Bastille
76, rue de la Roquette, 75011 Paris
Réservations : 01 43 57 42 14
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