Mahmoud Zahara Al Safadi, détenu politique palestinien enfermé depuis 17 ans dans les prisons israéliennes, entre en contact avec Amira Haas, journaliste et écrivaine israélienne, grâce à un téléphone portable.
Mahmoud Zahara Al Safadi purge une peine de vingt-sept ans pour participation à un mouvement illicite, jets de cocktails Molotov et incendies de véhicules. L’enfermement est total et le silence imposé à ce palestinien victime du système pervers d’une société en crise. Mais l’introduction illégale d’un téléphone portable dans la vie carcérale du détenu, lui ouvre une fenêtre vers l’extérieur, un espace de parole qui révolutionne sa vie. Dès 2004, un premier échange, de quatre mois, s’opère entre la journaliste et le détenu, par l’intermédiaire de cette nouvelle technologie bientôt confisquée. Les échanges, se poursuivent de manière épistolaire, contrôlés par la censure de la prison. Le devoir de réserve n’est pas à l’ordre du jour et les confessions d’Al Safadi, permettent de lever le voile sur la vie des prisonniers politiques palestiniens.
Une mise en abîme rieuse et poétique
Ariel Cypel et Gaël Chaillat, propose une mise en lumière périlleuse des relations entre les protagonistes du conflit israélo-palestinien en parcourant les tonalités poétiques et humoristiques de la partition qu’ils composent en s’inspirant des échanges entre le détenu palestinien Al Safadi et la journaliste israélienne Amira Haas. S’inspirant du récit d’Al Safadi, qui offre un point de vue unique sur le quotidien carcéral des prisonniers politiques palestiniens, les deux hommes proposent une fiction clownesque, comique, lucide et haletante.
Un garde-chiourme fait la chasse aux portables, devant un rideau rouge qui voile la scène, en sermonnant le public de propos moralisateurs. Bientôt, le rideau tombe sur une aire de jeu occupée par des portes grillagées montées sur roulettes et disposées en hélice. Happés par le mouvement hélicoïdale de ces portes sombres, les détenus se livrent à un numéro d’acrobates pour surmonter les épreuves d’un quotidien peu enthousiasmant. Une lueur d’espoir, extirpée du fondement d’un des prisonniers, éclaire le chemin sinueux de ces hommes enfermés. Un téléphone portable leur permet de retrouver une forme de liberté et les confessions s’additionnent. La question essentielle de tout palestinien interdit de déplacement sur son propre territoire, est posée par la comédienne qui incarne Amira Haas, « Comment aller du point grand A au point grand B ? ». Dès lors, les souvenirs s’enchaînent et file la métaphore de l’enfermement. Un détenu se souvient de la scène des comédiens dans le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, lorsque un histrion doit y interpréter le mur qui sépare Pyrame de Thisbé. Le texte de Martin Luther King y est dit par un comédien coiffé d’oreilles de Mickey et portant un nez rouge. La présence du mur, quel qu’il soit d’ailleurs, fait obstacle aux raccourcis simplificateurs, et la colère gronde lorsqu’il s’agit de rappeler les épisodes douloureux d’un Proche-Orient profondément en crise. Du rythme, de la justesse et de l’engagement de la part des comédiens qui s’investissent dans une proposition forte, grinçante, jouant la permanence du dédoublement. Un spectacle d’une grande qualité et d’une intelligence toute exceptionnelle.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] MurMure (site web)
Ecrit et mis en scène par Ariel Cypel et Gaël Chaillat
Scénographie/Costume Jane Joyet
Environnement sonore Ronan Yvon
Lumières Léandre Garcia Lamolla
Avec Sabrina Baldassarra, Karen Ramage, Stéphane Schoukroun, Philippe Smith, Clément Victor, Ariel Cypel, Gaël Chaillat
Du 18 novembre au 13 décembre 2009
Du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 17h
Espace Confluences
190 Bd de Charonne, 75020 Paris
Réservations : 01 40 24 16 46
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Allez voir ce spectacle !!!!!!!
Du rythme, de l’audace, la réalité parfois absurde d’un conflit prenant le risque d’être raconté de façon humoristique par l’équipe du spectacle MurMure.
jusqu’au 13 décembre à Confluences 190 Bd de Charonne.
Métro Alexandre Dumas