Mutilé à des fins politiques lorsqu’il était enfant et abandonné à son destin, Gwynplaine erre sur les routes de l’Angleterre du XVIIIe siècle.
Abandonné sur la berge par des kidnappeurs spécialisés dans un trafic de divertissement et de soustraction d’enfants, Gwynplaine doit se battre contre la nuit, la neige et la mort pendant que les malfrats affrontent la fureur des flots qui broie leur bateau. Les épreuves s’enchaînent et mènent le garçon vers des rencontres heureuses avec lesquelles il découvre la vie de saltimbanque. Parcourant les foires en compagnie de Déa, une aveugle voyante, d’Ursus, un philosophe bateleur et guérisseur et d’Homo, le loup, Gwynplaine fait rire le bon peuple. Son visage, mutilé alors qu’il était enfant, impose un sourire définitif et terrifiant aux regards curieux. Le garçon est devenu l’homme qui rit et souffre en silence de sa différence, en interprétant un spectacle à succès : « Chaos vaincu ».
Un cabinet de curiosités
François Bourgeat propose une adaptation du célèbre roman de Victor Hugo, « L’homme qui rit », dans un style étonnamment lyrique, composant une partition dans laquelle les mots résonnent comme des notes. La puissance poétique du texte propose un univers riche de sonorités linguistiques qui se prêtent remarquablement bien à la périlleuse aventure du conte. Laurent Schuh, s’approprie cette noblesse du verbe avec une certaine virtuosité, pour mettre en scène et interpréter le destin de Gwynplaine. Homme orchestre, il tire les ficelles de son théâtre de fortune pour faire vivre une scénographie très sophistiquée, masquant, et c’est regrettable, un potentiel dramatique d’exception pour cet acteur talentueux. Un cercle d’ampoules rouges, circonscrit les limites d’une piste foraine, tandis qu’au centre s’érige une estrade de bois descendant en pente douce vers le lointain afin de rappeler le rocher sur lequel Gwynplaine a été abandonné. Des miroirs, aux contours étincelants, réfléchissent un clair-obscur dont le rendu peut s’apparenter aux tableaux des grands maîtres. Un drap blanc, hissé au centre de la scène, devient à la fois la voile du bateau des bandits, un parterre de mer ou de neige, la toile d’un théâtre d’ombre ou la robe de géant de Lord Gwynplaine-Clancharlie. Laurent Schuh, s’empare bientôt d’une malle qui se transforme en baraque, prison ou chariot. Tous les objets sont détournés au profit d’une mise en représentation du texte et de son explication, parfois trop didactique. L’élégance et le raffinement caractérisent une scénographie ambitieuse derrière laquelle se cache la sensibilité d’une acteur qui ne demande qu’à être révélée. « L’homme qui rit », un conte poétique et touchant, orchestré d’une main de maître par un comédien engagé.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] L’homme qui rit(site web)
D’après Victor Hugo
Texte établi par François Bourgeat
Mis en scène par et avec Laurent Schuh
Collaboration à la mise en scène Marie Florine Thieffry
Lumières : Marc Chikitou
Chant et instruments Théodora Carla
Musique : Serge Maraval
Costumes : François Siméon
Du 18 novembre au 20 décembre 2009
Du mercredi au samedi à 20h45; le dimanche à 16h
Théâtre Daniel Sorano
16 rue Charles Pathé
94300 Vincennes
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