Le Monologue d’Adramélech

Le Monologue d’Adramélech

Un monologue fait de mots tout beau

Adramélech face à nous. Il nous raconte sa vie avec ses déboires, ses détresses, ses colères. Il témoigne de sa condition, celle d’un homme face à la misère d’une condition, la gueule enfarinée dans ses problèmes, habitant un monde oublié par la fortune du hasard et de la vie. Par le biais de la colère, d’une revendication existentielle, il fait face, parle, dit, exprime, tout d’une traite jusqu’à ne plus pouvoir dire.

Les mots maîtres
La scénographie est composée des tableaux de l’auteur/metteur en scène, Valère Novarina. Le décor dans un fond noir est recouvert de toiles de couleurs vives. L’ambivalence des couleurs semble être celle d’une parole qui oscille entre la profusion de revendications et la chaleur d’un mutisme comme nourri par une révolte.

Crédit photo Mario del Curto.

Crédit photo Mario del Curto.

L’acteur, Jean-Yves Michaux, est seul, face à nous. Le texte est plein. Jean-Yves Michaux joue de mouvements mesurés, peu amples sans vouloir faire en sorte que le corps soit en prise sur la parole. Car le corps accompagne la parole. La Parole devient maîtresse des lieux et du spectacle.

Dans cet exercice difficile du monologue, Jean-Yves Michaux s’en sort plutôt bien. La voix et la présence corporelle sont au rendez-vous. Une présence corporelle plutôt discrète mais suffisante. La difficulté de ce monologue est d’exister par rapport à un texte qui porte toutes les marques de la pureté linguistique marquée du sceau de l’originalité. Il s’agit de faire vivre un texte dont le poids et la richesse linguistiques sont grandes sans tomber dans le vide de la mise en scène et l’ennui des mots. Un texte composé de néologismes et de mots comme écrits à rebrousse-poil de par leurs consonances. Torrent de mots ponctué de pointes d’humour et d’humeur qui invite le spectateur à se laisser bercer par une musicalité linguistique.

La mise en scène de Valère Novarina est centrée sur le texte avec une mise en situation d’un personnage dont la difficulté est de dire son cri dans un langage difficile, riche et détourné. Face au texte, Jean-Yves Michaux devient un personnage désincarné. Désincarné par le poids d’un texte qui extirpe tout le suc théâtral du personnage vers le dire et non l’être. A ce titre, Jean-Yves Michaux arrive à donner toute la justesse au langage de Novarina. Périlleux, la Parole est servie avec beaucoup de malice. Et on ne frôle jamais l’ennui.

INFORMATIONS & DETAILS»
Partagez pour le plaisir:
  • email
  • Facebook
  • Digg
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • blogmarks
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Live
  • MisterWong
  • MySpace
  • Technorati
  • Wikio FR

Le Monologue d’Adramélech (site web)
Pièce de Valère Novarina
Mise en scène et peintures de Valère Novarina
Avec Jean-Yves Michaux

Construction des décors Stéphane Sagon
Lumières Paul Beaureilles
Collaboration artistique Céline Schaeffer
Assistant de l’auteur Lola Créïs

Théâtre de la Bastille
76 rue de la Roquette, 75011 Paris

Jusqu’au 11 décembre 2009
Du mardi au samedi à 19h30, dimanche à 15h30
Réservation : 01 43 57 42 14

Powered by Hackadelic Sliding Notes 1.6.4

Vous aimerez aussi:

  1. Le personnage théâtral contemporain : décomposition, recomposition Et la Parole fut Ce livre, sous forme d’essai, traite de la parole dans le champ théâtral. Les auteurs, Jean-Pierre Ryngaert et Julie Sermon, en retracent l’irruption, la trame. Robert...
  2. Stabat Mater Furiosa Un cri déterminé et juste… L’heure n’est pas à la piété empathique et émotive, caractérisant le « Stabat Mater » médiéval, mais à une forme d’expression plus moderne qui libère...
  3. Une rumeur bien urbaine ! C’est un festival où le griot tient compagnie au chanteur, où le musicien fait face au conteur. Bienvenu à l’art du conte et de la parole, de la fable et...
  4. Pardon Platon À l’origine, un abécédaire d’Yves Cusset intitulé « La philosophie enseignée à ma chouette ». À l’arrivée, un spectacle délirant à fort contenu philocaustique qui dépoussière la pensée des sages et libère...
  5. Moulins à paroles Le charme discret de l’ordinaire Alan Bennett nous présente sept monologues de vies ordinaires qui s’avèrent, au bout du compte, extraordinaires. L’auteur se joue du lecteur en jalonnant d’indices chaque...

Pas de commentaire »

Laisser un commentaire