Cela est tellement plus simple de savoir que tout est simplement compliqué…
C’est un vieil homme, un vieil acteur, qui raconte les dessous de sa vie et le rapport qu’il entretient avec le monde et avec lui-même. Il s’est vu Richard III alors qu’il était dans le ventre de sa mère. Et là, au crépuscule de sa vie, avec une lucidité côtoyant parfois une déraison certaine, il fait un bilan. Existentiel. Il s’est coupé du monde et du rapport avec autrui même si derrière ses 82 ans, il cherche encore du travail en lisant les gazettes. Un travail imaginaire. Comme pour montrer qu’il n’a besoin de personne. Sauf de la présence de Catherine, une jeune fille de 9 ans.
Simplement compliments
Le spectacle commence dans le noir. Georges Wilson, dans la peau d’un vieil acteur, débute la pièce en tâtonnant dans l’obscurité. Des bruits se font entendre puis lumières sur le décor. Un décor fait de meubles anciens. Nous entrons dans la demeure d’un vieil homme qui ne semble pas être sorti de chez lui depuis longtemps. Ici tout respire le renfermé. Il y a un bureau sur lequel sont disposés des papiers avec une série de journaux au pied de celle-ci. Plus loin, un fil sur lequel pend du linge. Et au loin trône un fauteuil de vieille allure royale.
Au début du spectacle, Georges Wilson est assis au milieu de la scène et tape sur un clou planté sur un morceau de bois. Tout est dans la voix et la présence. Son jeu est habité par un souffle. Un souffle qui transporte le spectateur vers les abîmes existentiels d’un vieil homme, d’un vieil acteur. Le jeu de Wilson rappelle la leçon de Shakespeare dans Hamlet « Mettez accord entre geste et parole; et prenez particulièrement soin de ne jamais outrepasser le naturel ». Le naturel, Georges Wilson nous le fait vivre jusqu’au tréfonds de lui-même. Il semble être le vieil acteur, mettant en musique et sur scène sa vie passée au théâtre. L’exercice, difficile, est périlleux tant la justesse semble être fait de confidences avec le public. Le personnage de Catherine, la jeune fille de 9 ans, est presque silencieux, fait de sourires, de hochements de tête et de déplacements. Une présence « naïve » et enjouée à l’opposé de celui du vieil acteur composé d’hésitations et de tâtonnements.
D’un texte où le silence et la parole alternent dans la solitude d’un homme, Georges Wilson y met un mélange savamment dosé d’humour, de légèreté et de gravité. Tout habite le talent d’un « vieil » acteur, « vieil » par l’expérience et le talent. Une vie passée au théâtre et à son service.
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Simplement compliqué
De Thomas Bernhard
Mise en scène et interprété par Georges Wilson
Avec en alternance dans le rôle de Catherine
Zoé Krawczyk, Emma Millereau, Sahteene Sednaoui
Assistant à la mise en scène Phil Sanders
Assistante de Georges Wilson Camille Tavitian
Lumière Philippe Vialatte
Scénographie Mélissa Ponturo
Son Vickie Mayne
Régie Lumière Pierre marteau
Habilleuse Isabelle Boitière
Jusqu’au 24 octobre
Du mercredi au samedi à 21h
Réservation : 01 46 07 34 50
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