Qu’est-ce que tu deviens ?

Qu’est-ce que tu deviens ?

Un flamenco bien trempé

Le Flamenco se mouille dans la modernité ! Loin des traditionnels spectacles de flamenco, Stéphanie Fuster fait entrer la danse dans une contemporanéité qui dépoussière les lieux communs du flamenco.

Des silences longs pour faire bouillonner la danse qui monte crescendo. Dans une gestuelle saccadée, la danseuse fait des mouvements ressemblant à ceux d’une marionnette. Elle fait voyager sa robe sur son corps comme si elle n’était pas liée à elle. Et elle ne l’est pas. C’est un jeu de mime, de « magicienne ». Jouant de son costume comme d’un instrument séparé, elle s’amuse du rapport qui lie la danseuse à sa robe flamenca. Comme un dédoublement. Le tempo est lent. Le silence règne. Ou presque. Elle s’accorde sur les illusions d’optiques. La mise en scène d’Aurélien Bory est originale car elle est portée au début du spectacle par le silence et le recueillement, dénotant ainsi une mise à l’écart pour un moment des sonorités enjouées ou tristes du Flamenco. Le tempo est donné par le guitariste José Sanchez, et le chanteur, Alberto Garcia, qui de sa voix grave donne au spectacle une profondeur sans égal dans l’émotion. Sa voix contrebalance une guitare qui joue dans des sonorités rapides comme entrecoupées de notes de pluie.

FLAM

Crédit photo Mario Del Curto

Sueur et fraîcheur
Le thème de la gestation semble récurrent dans ce spectacle. Gestation dans le premier tableau où la danseuse joue avec sa robe de Flamenco traditionnelle pour laisser transparaître un dessous moderne. Gestation lorsque la danseuse est dans une « case » vitrée dans laquelle elle semble s’entraîner en faisant des taconeos. Face à elle, un miroir. Ici, l’habit est civil. La sueur suinte à grosses larmes dans cette pièce close qui est fermée latéralement par une vitre transparente. Les vapeurs de sueur viennent se coller à la vitre voilant d’opacité la danseuse.

Retrouvant la fraîcheur d’une étendue d’eau, elle a délaissé ses habits pour une robe noire de modernité semblant ainsi délaisser définitivement le Flamenco traditionnel pour un Flamenco moderne. Abandonnant ainsi le contexte de cette danse pour retrouver une fraîcheur inattendue aquatique. Une danseuse à deux visages. Là dans l’eau, elle joue de mouvement saccadés et de taconeos flottants. Le spectacle est dans un dédoublement systématique. Le rapport de la danseuse à l’eau est à l’image du spectacle. Frais et rafraîchissant.

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Qu’est-ce que tu deviens ? (site web)
Conception, scénographie et mise en scène de Aurélien Bory
Chorégraphie de Stéphanie Fuster
Avec Stéphanie Fuster, José Sanchez, Alberto Garcia
Musique de José Sanchez
Création Lumière de Arno Veyrat
Décor de Pierre Dequivre, Arnaud Lucas et les ateliers de la Fiancée du pirate-Toulouse
Son de Stéphane Ley
Costumes de Sylvie Marcucci
Régie générale de Arno Veyrat
Photographie Mario del Curto
Asssistants à la mise en scène Sylvie Marcucci et Hugues Cohen
Production, administration, diffusion Florence Meurisse

Jusqu’au 24 octobre
Du mercredi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h30
Théâtre Nanterre Amandiers
7 avenue Pablo Picasso; 92022 Nanterre
Réservations : 01 46 14 70 00

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