Une faillite et une rupture amoureuse, deux évènements marquants qui font basculer la vie d’un traider.
Conduisant son entreprise à la faillite et perdant la femme qu’il aime, Samuel Simorgh, se retrouve en marge de la société. Laver des voitures afin de s’émanciper de son passé, le jeune trentenaire s’offre un regard neuf sur les autres, en lustrant leur automobile afin d’assister, rêveur, à leur réaction. Une part d’enfance retrouver, dans un monde qui veut toujours aller plus vite mais aussi une aventure humaine, baignée dans les eaux troubles des rêves de l’ancien traider, Samuel Simorgh prend le temps de regarder autour de lui pour la première fois.
Entre rêve et réalité
Dans une langue qui oscille entre un semblant de poésie et une contemporanéité brutale, Fabrice Melquiot propose un voyage initiatique vers l’autre, celui que l’on n’a pas toujours le temps de regarder et qui pourtant, fait partie de notre quotidien. Une mise en scène efficace et sans encombres, tente de privilégier la candeur d’un personnage qui se veut attachant. Victor Gauthier-Martin explore les chemins du possible en faisant d’une voiture bleue, le lieu de tous les rêves et de toutes les révélations d’un jeune trentenaire qu’il situe à la périphérie d’un monde dont il est devenu le spectateur contemplatif. Une voiture ancienne, qui se décline en plusieurs éléments, permet au personnage de se saisir de cet objet avec un regard neuf et assurément candide. Une toile blanche, présentée comme un rideau de théâtre et sur laquelle sont projetées des photos illustrant la vie de l’ancien traider, lève le voile sur cet instant de magie.
Habillé d’un bleu de travail, Alban Aumard lave les visages de ceux dont il reconnaît l’existence autrement que par le prisme de l’argent et de la rentabilité. Le texte est dit à la hâte, certainement pour convaincre le spectateur que le personnage assiste à une révélation, celle d’envisager la vie avec étonnement. L’émotion manque cruellement à l’ensemble de cette composition pour laquelle le comédien peine à enchaîner les mots. Certes, le personnage est exalté par ce regard neuf sur la vie, mais cela n’exclue pas la nuance qui, si elle était présente dans le jeu de l’acteur, est demeurée d’une franche timidité.
Le texte est publié chez l’Arche Editeurs.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Le laveur de visages (site web)
De Fabrice Melquiot
Mise en scène de Victor Gauthier-Martin
Avec Alban Aumard
Lumières Pierre Leblanc
Images Victor Gauthier-Martin et Gaëtan Besnard
Jusqu’au 10 octobre 2009
Maison des Métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris
Réservations : 01 48 05 88 27[/slider]












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