L’avarice, un pêché ?

Veuf et terriblement avare, Harpagon veut marier sa fille Élise à un vieillard fortuné, Anselme, disposé à la prendre sans dot. Mais Élise veut épouser Valère, qui s’est introduit chez Harpagon en se faisant engager comme intendant. Harpagon a aussi un fils, Cléante, qui aime Mariane, mais il a pour rival Harpagon lui-même. Pour aider son maître, La Flèche, le valet de Cléante, vole la cassette remplie d’or d’Harpagon. Accusé à tort, Valère révèle son amour pour Élise. Le procédé traditionnel de la reconnaissance permet de dénouer l’intrigue.

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Une avarice sonnante et trébuchante
Vieillard souffreteux, veuf et obsessionnel, Harpagon est victime d’une tragédie familiale dont il est l’acteur principal. S’inspirant de « L’Aululaire » de Plaute, Molière fait de ce vieillard malingre, un personnage de comédie noire, celle de l’argent qui rend fou et qui mène Harpagon à sa perte. L’homme avare, sacrifie tout ce qui l’entoure à son unique obsession : sa fortune, dont chaque pièce est contenue dans sa « cassette ». Dans un décor conçu par Goury, Catherine Hiegel joue la carte de la sobriété pour mettre en scène « L’Avare », personnage heureux d’une farce horrible.

Le rideau se lève sur une entrée monumentale d’un hôtel particulier, dominé par un imposant escalier descendant derrière, vers le jardin et montant vers un balcon. Lieu de privation, l’espace fait l’économie d’une décoration inutile et coûteuse. Dans un style épuré et libéré de tous les symboles ostentatoires pouvant s’apparenter à l’opulence, les comédiens portent des costumes respectant scrupuleusement ceux du XVIIe siècle. Ne cherchant pas à extraire la pièce de son époque, ni à lui donner une dimension trop actuelle, le metteur en scène conserve cette dimension patrimoniale de l’œuvre du grand maître.

Du rythme, de l’impertinence, et juste ce qu’il faut de mauvais goût pour épingler les lâches et les ladres. Un Harpagon qui sautille, bondit, virevolte danse et tape sur tout ce qui lui fait obstacle, Denis Podalydès excelle dans l’interprétation d’un personnage qui ne ressemble à aucun autre. Jambes filiformes, serrées dans un juste au corps noir et coiffé d’un calot d’apothicaire, voici un Harpagon rajeuni et coquin qui enchaîne les sauts de cabri pour aller d’un personnage à un autre. Le bonheur du verbe s’inscrit dans des ruptures de phrases à chaque fois réinventées qui impulsent une sorte de spontanéité proche de celle de l’enfance. Cette dynamique du verbe pousse les jeunes pensionnaires à s’abandonner à toujours plus d’espièglerie. Suliane Brahim fait d’Elise, une ado montée sur ressorts et Benjamin Jungers, campe un Cléante teigneux, digne fils de son irascible père. Borgne et âpre au gain, Dominique Constanza est confondante et fait de Frosine une mégère redoutable. Un « Avare » apprécié pour son rythme et ses citations cinématographiques au grand maître Chaplin, qui permet de passer un bon moment en famille.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] L’Avare (site web)
De Molière
Mise en scène Catherine Hiegel
Avec Dominique Constanza, Christian Blanc, Denis Podalydès, Jérôme Pouly, Pierre Louis-Calixte, Serge Bagdassarian, Marie-Sophie Ferdane, Benjamin Jungers, Stéphane Varupenne, Suliane Brahim, Camille Blouet, Christophe Dumas, Florent Gouëlou, Renaud Triffault,
Scénographie Goury
Costumes Christian Gasc
Lumières Dominique Borrini
Chorégraphie Cécile Bon
Maquillages et coiffures Véronique N’Guyen

Jusqu’au 21 février
En matinée à 14h et en soirée à 20h30

Comédie Française
Place Colette, 75001 Paris
Réservations :0 825 10 16 80
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