Le Massacre de Wounded Knee à la fin du XIXe siècle, consacre la lente disparition des Indiens d’Amérique. Un paysage aux couleurs naturelles, fait de rêves, d’animaux sauvages, d’arbres et de lune disparaît, emporté par la supériorité d’un monde sur un autre. Un silence éloquent s’impose alors à notre planète, et la parole censurée des Indiens est relayée par le discours prophétique des esprits des morts. Entre Indiens rouges et palestiniens décimés, il s’agit ici d’un syncrétisme d’enracinement, par delà la simple arabité que proclament certains poèmes du grand maître. Lorsque en 1982, les troupes israéliennes s’acharnent à prendre Beyrouth, la résistance palestinienne qui a fait de la ville son quartier général, opère dans une ambiance de folie meurtrière. Au-dessous d’un ciel saturé de missiles, un poète exilé de la Palestine, habitant au huitième étage d’un immeuble, écrit la chronique d’une ville livrée aux jeux de l’amour et de la mort.

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Un hommage bouleversant
Après la création des deux textes (Discours de l’Indien rouge et Une mémoire pour l’oubli), il y a douze ans au Théâtre Paris-Villette, Mohamed Rouabhi donne « une deuxième vie » à cette composition pour laquelle les deux textes sont mis en regard et rendent hommage au grand poète Mahmoud Darwich mort en 2008. Comédien et metteur en scène engagé et passionné, Mohamed Rouabhi se saisit de toute la douleur, des populations décimées par les horreurs de la guerre, abordée par le grand poète, dans sa dimension universelle.

Darwich dénonce la violence mortelle de la guerre et la souffrance de l’exil. Des terres arrachées et confisquées aux Indiens d’Amérique jusqu’aux rues de Beyrouth assiégées en 1982 par les Israéliens, Mahmoud Darwich poursuit son œuvre sur la Palestine, son destin, ses blessures et les cicatrices d’un peuple qui vit son rapport à la terre dans une dimension sacrée et politique. Palestiniens et Indiens sont évoqués avec une puissance et une beauté qui caractérisent les écrits de Darwich, qui n’a cessé de s’exprimer en chantant l’exil, la guerre, la prison et l’amour.

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Un hommage poignant et bouleversant, est dit, interprété par Mohamed Rouabhi dans une création théâtrale qui joue la carte de la sobriété et de l’élégance. Dans la petite salle voûtée de la maison de la Poésie, un épais tissu écru habille l’aire de jeu où se trouve une chaise sur laquelle le comédien interprète une prose touchante de vérité. Le langage des signes se mêlent à la parole et à des râles méditatifs et chargent l’interprétation de Mohamed Rouahbi d’une mysticité étonnante. Puis, l’homme se retrouve allongé sur un lit de fortune à côté duquel est placée une table de chevet. Un intérieur d’une simplicité extrême qui fait raisonner les mots avec force. Cette « deuxième vie » qu’offre Mohamed Rouabhi à la création théâtrale des deux textes de Darwich merite bien l’éternité.
Les deux textes sont publiés aux Editions Actes Sud.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Darwich, Deux textes (site web)
Discours de l’Indien rouge et Une mémoire pour l’oubli
De Mahmoud Darwich
Mise en scène et scénographie Mohamed Rouabhi
Lumière Nathalie Lerat
Langue des signes Béatrice Blondeau
Avec la voix de Claire Lasne

Avec Mohamed Rouabhi

Du 7 octobre au 22 novembre 2009
Maison de la Poésie
Passage Molière
157 rue Saint-Martin,75003 Paris
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