Un père à bout de souffle, repose sur son lit d’hôpital comme sur un catafalque. Il est atteint d’un cancer mais il ne le sait pas, ses enfants veulent le préserver de cette troublante réalité. Réunis pour affronter la mort de leur père, les deux filles et le fils du futur défunt confrontent, bien malgré eux, leurs vies. Gina, un médecin débordé par ses fonctions, à renoncé à ses rêves, Giulia a préféré écrire des feuilletons télé à succès que de poursuivre ses performances dans le théâtre d’avant-garde, Lele, boulimique, est seul, sa femme l’a quitté. Dans cette tourmente familiale, la présence d’une femme africaine, inquiète pour son fils, passe pour anecdotique. La morphine aidant, le Père se livre à des révélations assez troublantes qui bouleversent les rapports entre les personnages.

Une belle leçon de vie
therapieLe style de Laura Forti oscille entre réalisme et légèreté. L’auteur compose une ode à la vie en abordant un sujet grave et troublant. Un humour inattendu s’insère dans les interstices d’un texte rythmé et soutenu par un langage du quotidien. Yvan Garouel s’empare de cette œuvre, traduite merveilleusement par Carlotta Clerici, pour lui restituer une dimension élégante, fine et sincère dans une mise en scène simple, efficace et touchante. Il dirige les comédiens avec une précision étonnante offrant ainsi à l’ensemble de la représentation une légèreté apparente. La scénographie est sans prétention, un espace scindé en deux parties que les personnages s’approprient avec cohérence tout au long de la pièce. D’un côté, une salle d’attente composée de quelques chaises et d’une table sur laquelle s’entassent des revues. De l’autre, le lit du malade sur lequel le paternel repose, mais pas encore en paix. Un halo de lumière éclaire les visages troublés des personnages qui confessent, à huis clos, leur mal de vivre. Les déplacements sont nombreux dans cet espace fermé et mettent l’accent sur une situation éprouvante pour les protagonistes de l’histoire. Epuisé, à bout de nerf, Gina (Gaël Rebel) porte les angoisses de son personnage avec une sincérité dérangeante. Lele (Gil Bourasseau), s’enfile ses sucreries pour oublier son passé dérobé. Simple et drôle, il est juste et vrai tout comme Giulia (Anne Coutureau) détachée et touchante dans son rôle de sœur ingrate. Le Père (Pierre Deny) impose une présence forte et attachante tout comme sa jeune conquête, Dragana (Isabelle Montoya). Enfin, Madame Nigeria (Manga Ndjomo) fait honneur à cette belle leçon de vie dont Laura Forti est l’auteur.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Thérapie anti-douleur (site web)
De Laura Forti
Traduction de Carlotta Clerici
Mise en scène de Yvan Garouel
Avec Gil Bourasseau, Anne Coutureau, Pierre Deny, Isabelle Montoya, Manga Ndjomo, Gaël Rebel,

Jusqu’au 11 novembre 2009
Du dimanche au mercredi à 21h00

Manufacture des Abbesses
7 rue Véron, 75018 Paris
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