Conrad, une aventure qui débute en 2006 au fil des séjours que Philippe Adrien effectue sur les bords du Congo, à Brazzaville.
Souhaitant adapter « Un avant-poste du progrès », une compagnie théâtrale entreprend de mettre en scène la nouvelle de Conrad. Les interrogations à propos de la colonisation et de ses conséquences sur une population à l’identité dérobée, hantent et possèdent une troupe de comédiens, engagée sur les voies de la création. Mettre en scène et interpréter l’expédition de deux Européens, Kayerts et Carlier, qui remontent le fleuve Congo à bord d’un petit vapeur pour rejoindre un comptoir destiné à la récolte de l’ivoire, relève d’un pari aussi difficile que douloureux. Pour les comédiens, il s’agit de restituer un évènement historique en tenant compte de cette innommable entreprise coloniale qui fut un réel échec et dont les populations d’hier et d’aujourd’hui portent encore les stigmates.
Entre culpabilité et devoir de mémoire
Pour Philippe Adrien, il s’agit de montrer aux spectateurs le processus de création d’un spectacle théâtral afin, « d’emprunter à nouveau cette voie plus expérimentale et plus collective qui constitue le fonds de toute pratique théâtrale exigeante ». L’Afrique, et la colonisation dont elle a été victime, est plus que jamais au centre du débat qui se noie très rapidement dans le tumulte des lieux communs qui peinent à sortir la tête de l’eau. Une idée originale pourtant mais qui joue la carte du consensus mou et n’échappe pas, de fait, à la démagogie ambiante qui caractérise la création aujourd’hui. Ce spectacle conçu en deux parties aurait pu faire l’économie de la première et limiter ses ambitions à la qualité plutôt qu’à la quantité. Le jeu des comédiens est sincère et juste malgré une metteuse en scène fausse et caricaturale. Plantés au milieu d’un décor de fortune qui représente l’intérieur d’un studio de répétition, les comédiens évoluent au rythme de la musique africaine et des incursions fantomatiques de Joseph Conrad. La scénographie porte en germe toute la sensibilité et l’intelligence créatrice de Clément Poirée qui, souhaitons-le, saura s’émanciper de la Tempête pour faire gronder les planches d’autres théâtres.
[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Le Projet Conrad (site web)
Un avant-poste du progrès
Création collective d’après Joseph Conrad
Mise en scène Philippe Adrien
Collaboration artistique Clément Poirée
Avec Marjorie Heinrich, Philippe Crubézy, Mary Owen, Arnaud Carbonnier, Jean O’Cottrell, Tadié Tuéné, Paulin F.Fodouop, Vladimir Ant,
Du 17 septembre au 25 octobre 2009
Du mardi au samedi à 20h, dimanche à 16h et samedi à 15h30
Théâtre de la Tempête
Cartoucherie
Route du Champ de manœuvre, 75012 Paris
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La critique a son rôle, n’est-ce pas? Encore faut-il qu’elle soit juste et bien faite. En tout cas sérieusement! Ici j’en doute.
Mettre autant d’ardeur à pointer: “Entre culpabilité et devoir de mémoire” pour ne pas être capable de citer les personnes à leur bonne place. Donc corrections: scénographie: ERWAN CREFF, collaboration artistique: CLEMENT POIREE.
Si le but est de faire mal voir bien, faites le bien. Lequel des 2 en est encore au “devoir de mémoire”????
Oh mon dieu ! à part le scénographe lui même… qui aurait remarqué l’erreur ?? j’aime la culture de l’égo poussée à son paroxysme du parti pris et de la mauvaise foi… en tout cas bravo M. Clément Poirée !!
En effet, bravo à Clément Poirée dont le talent devrait être plus souvent cité. On se souvient de sa mise en scène d’exception pour le Brecht “Dans la jungle des villes” à la Tempête. Vraisemblablement, l’élève a dépassé le maître !!! P.Adrien bientôt à la retraite ????
Au mauvais esprit qui s’autorise des remarques faciles, et “aime la culture de l’ego”, je tiens à préciser qu’aucune concurrence n’existe avec C. Poirée, lorsque je pose la question :” Lequel des 2 en est encore au « devoir de mémoire »???? c’est à l’auteur de cet article que je m’adresse. Mais comprend qui veut.
Dans l’idée que je me fais du net et des sites de critiques, les commentaires sont là pour enrichir la critique (subjective) d’une pièce et ainsi ouvrir ou fermer un sujet. Les chouineries de typo… c’est direct au webmaster pour correction ! c’est tout de même la pertinence de la critique que vous remettez en cause pour un détail de générique de fin de film. De plus toute critique est subjective, par essence, donc libre aux avis de s’exprimer !