Conrad, une aventure qui débute en 2006 au fil des séjours que Philippe Adrien effectue sur les bords du Congo, à Brazzaville.

Souhaitant adapter « Un avant-poste du progrès », une compagnie théâtrale entreprend de mettre en scène la nouvelle de Conrad. Les interrogations à propos de la colonisation et de ses conséquences sur une population à l’identité dérobée, hantent et possèdent une troupe de comédiens, engagée sur les voies de la création. Mettre en scène et interpréter l’expédition de deux Européens, Kayerts et Carlier, qui remontent le fleuve Congo à bord d’un petit vapeur pour rejoindre un comptoir destiné à la récolte de l’ivoire, relève d’un pari aussi difficile que douloureux. Pour les comédiens, il s’agit de restituer un évènement historique en tenant compte de cette innommable entreprise coloniale qui fut un réel échec et dont les populations d’hier et d’aujourd’hui portent encore les stigmates.

Crédit photo Antonia Bozzi

Crédit photo Antonia Bozzi

Entre culpabilité et devoir de mémoire
Pour Philippe Adrien, il s’agit de montrer aux spectateurs le processus de création d’un spectacle théâtral afin, « d’emprunter à nouveau cette voie plus expérimentale et plus collective qui constitue le fonds de toute pratique théâtrale exigeante ». L’Afrique, et la colonisation dont elle a été victime, est plus que jamais au centre du débat qui se noie très rapidement dans le tumulte des lieux communs qui peinent à sortir la tête de l’eau. Une idée originale pourtant mais qui joue la carte du consensus mou et n’échappe pas, de fait, à la démagogie ambiante qui caractérise la création aujourd’hui. Ce spectacle conçu en deux parties aurait pu faire l’économie de la première et limiter ses ambitions à la qualité plutôt qu’à la quantité. Le jeu des comédiens est sincère et juste malgré une metteuse en scène fausse et caricaturale. Plantés au milieu d’un décor de fortune qui représente l’intérieur d’un studio de répétition, les comédiens évoluent au rythme de la musique africaine et des incursions fantomatiques de Joseph Conrad. La scénographie porte en germe toute la sensibilité et l’intelligence créatrice de Clément Poirée qui, souhaitons-le, saura s’émanciper de la Tempête pour faire gronder les planches d’autres théâtres.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Le Projet Conrad (site web)
Un avant-poste du progrès
Création collective d’après Joseph Conrad
Mise en scène Philippe Adrien
Collaboration artistique Clément Poirée

Avec Marjorie Heinrich, Philippe Crubézy, Mary Owen, Arnaud Carbonnier, Jean O’Cottrell, Tadié Tuéné, Paulin F.Fodouop, Vladimir Ant,
Du 17 septembre au 25 octobre 2009
Du mardi au samedi à 20h, dimanche à 16h et samedi à 15h30

Théâtre de la Tempête
Cartoucherie
Route du Champ de manœuvre, 75012 Paris
[/slider]