Une femme accusée de tous les maux est soumise à la douloureuse épreuve de l’interrogatoire.

Matricide, infanticide, inceste et autres crimes, commis par une femme dont le corps fragile porte les stigmates de la douleur, constituent la somme indéfectible de ses actes ou de ses rêves. Enfant puis mère, elle poursuit la filiation de l’horreur. La mort, l’inceste et l’affirmation de ces douloureuses épreuves, constituent les étapes d’un procès auquel elle est soumise. Son corps dévasté, délesté par le temps, échafaude l’édifice de son désespoir. Orpheline, elle souffre de ne pas avoir été aimé à temps, puis mère abusive, elle projette sur sa fille toutes ses frustrations les plus intimes. Cette femme répond au doux nom d’Eglantine et s’accuse des crimes qu’elle a commis. Un cauchemar sombre et mouvementé.

Crédit photo Denis Arlot

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La tragédie du désespoir
Les femmes ont le terrible privilège d’enfanter et de poursuivre leur création sur les chemins vertigineux de leur moi tourmenté. Jean-Michel Rabeux raconte l’histoire balbutiante d’un cauchemar pendant lequel se déroule le procès d’une femme ruinée par la vie qu’elle a donnée ou qu’on lui a dérobée. Les crimes passionnels, évoqués lors de l’interrogatoire, font écho à cette douloureuse épreuve qui consiste à donner la vie et par conséquent la mort. L’auteur se sert du langage comme d’une arme pour dresser le touchant portrait d’une femme combative et déterminée.

Crédit photo Denis Arlot

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Une scénographie sombre, dans laquelle la lumière dessine des silhouettes atypiques, qui fendent l’opacité ambiante avec leur chapelet de mots. Quatre téléviseurs, posés à même le sol, retransmettent les visages troubles des acteurs de ce procès. Les voix sont amplifiées, déformées par des micros qui les font raisonner de douleur. Les murs sont maculés de fines bâches transparentes qui enveloppent ou expulsent les personnages qui s’y perdent. La Question (Eugène Durif), structure et régule le dialogue parfois anarchique d’Eglantine, en imposant la rationalité absurde de ses interrogations. Une voix-off ou une interprétation plus affirmée aurait pu mettre davantage en relief la beauté du texte dont s’empare Eglantine pour répandre les maux dont elle se fait la victime immolée. Claude Degliame incarne une mère touchante de douleur, une mater dolorosa pervertie par les forces du mal, dont le corps nu, exalte une fragilité particulièrement émouvante. La Fille (Vimala Pons), discrète, effacée, écrasée par le poids de la culpabilité est confondante. « Le cauchemar » est une œuvre dure, réaliste dans laquelle la force des mots ne peut laisser insensible.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Le cauchemar (site web)
Texte et mise en scène de Jean-Michel Rabeux
Lumière Jean-Claude Fonkenel
Vidéo Julien Boizard
Costumes Sophie Hampe
Avec Claude Degliame, Eugène Durif, Vimala Pons,

Du 17 septembre au 17 octobre 2009
Du mardi au samedi à 19h30, dimanche à 15h30

Théâtre de la Bastille
76 rue de la Roquette,75011 Paris
Réservations : 01 43 57 42 14
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